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Sfumato
© Triptyque Films
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COMMENT VISIONNER CE FILM ?

Dans un monde déshabité, le peintre Bernard Legay passe ses nuits et ses jours à recueillir la matière silencieuse d'une œuvre secrète.

"Tout commence dans l’atelier d’un peintre, aux gestes silencieux. La caméra de Christophe Bisson abolit les contours, explorant la pénombre – le portrait de Bernard Legay sera donc lui-même pictural. Au fil des saisons, les paysages bas-normands et l’espace où travaille le peintre nous deviennent familiers. Même un hangar immense et décati, plutôt que désaffecté, semble réinvesti par l’acharnement de l’ermite à recueillir au grattoir une précieuse poudre de rouille ou des flocons de peinture écaillée. Ce n’est qu’après avoir fait l’expérience sensorielle de ce travail sur la matière que les mots arrivent. "Après le désenchantement, on regarde les lichens, on regarde les pierres, on essaie de reprendre le contact avec les choses les plus élémentaires. Alors si on choisit de vivre, on regarde ce qui s’accroche." L’attention portée à l’artiste qui puise dans la nature et même dans la relation avec sa mère mourante des idées de textures s’augmente bientôt d’un enjeu existentiel. Sensibilité écorchée, le peintre bas-normand assimile toile et peau en un geste que l’on comprend absolument vital et que le regard de Christophe Bisson, sa pratique du sfumato cinématographique, respectent et magnifient." (Charlotte Garson)

It all begins in a painter’s studio, in the silence of his gestures. Christophe Bisson’s camera does away with contours to explore the half-light – hinting that Bernard Legay’s portrait will itself be a painterly one. As the seasons turn, we grow familiar with the Lower-Normandy landscapes and the artist’s workspace. The huge decrepit barn, rather than being left abandoned, seems inhabited again by the hermit’s doggedness, as he scrapes off precious rust powder or flakes of peeling paint. It is only after the sensorial experience of this work on matter that words arrive. “After disenchantment, you look at lichen, at stones, you try to re-establish contact with the most elementary things. So if you choose to live, you look at what can hold on.” The focus on the artist, who draws his ideas for texture from nature and even from the relationship with his dying mother, soon opens out to include an existential challenge. With his tormented sensitivity, this Lower-Normand painter assimilates canvas and skin within one gesture that we understand to be absolutely vital, and which Christophe Bisson’s camera and his practice of cinematic sfumato both respect and magnify. (Charlotte Garson)

À propos du film
Distinctions
  • 2016 : Cinéma du réel - Paris (France) - Mention spéciale du jury de la compétition française