film-documentaire.fr | PORTAIL DU FILM DOCUMENTAIRE

img img
La Balada del Oppenheimer Park
The Ballad of Oppenheimer Park
© Fragua Cine / Zensky Cine
1/1
COMMENT VISIONNER CE FILM ?
  • Distributeur(s) :

    Fragua Cine

  • Film appartenant au catalogue national de films documentaires pour les bibliothèques publiques de la Bpi, en prêt et consultation gratuits dans les bibliothèques de ce réseau.

"L’est du centre-ville de Vancouver est l’une des plus grandes concentrations de communautés natives du Canada urbain [...]. Oppenheimer Park, cimetière indien avant la colonisation, est au centre de ce quartier que certains considèrent comme la plus grande réserve canadienne". Avec un sens aigu du cadre, Juan Manuel Sepúlveda se tient dans les limites de ce parc et y filme le quotidien de Harley, Bear, Janet et Dave. Quotidien ? En réalité chacun des gestes de ces personnes visiblement déplacées, sans logis, relève du rituel. "Vous êtes en terre native confisquée !", entend- on au loin, peu après avoir vu un chariot de western prendre feu... Désocialisés, exsangues, les usagers du lieu ne jouent pas sur une quelconque image du Peau-Rouge. Ils viennent d’ailleurs de tribus différentes ("Retourne dans ta réserve !Et toi dans la tienne ! " se lance-t-on quand on a trop bu).
Mais le cinéaste saisit avec précision leur conscience douloureuse du folklore : les effigies en carton grandeur nature de chefs indiens célèbres surgissent parfois entre deux bancs, contrastant avec les corps alourdis par l’alcool. Un dernier rite, perçu comme une dégradation par une intervenante qui reste hors-champ, finit de réinvestir symboliquement ce parc où la société non-native ne semble venir que pour "recadrer" les natifs, les tenir, pour ainsi dire, en réserve. (C.G)

“The Downtown Eastside of Vancouver is one of the biggest concentrations of Native Com- munities in urban Canada...Oppenheimer Park, an Indian cemetery before the colonization, is located right in the center of this area that many consider the largest Reserve in Canada.” With his keen sense of framing, Juan Manuel Sepúlveda remains within the confines of the park and films the daily life of Harley, Bear, Janet and Dave. In fact, each gesture of these visibly displaced homeless people hinges on ritual. “You’re on stolen native land!”, we hear in the distance shortly after seeing a Western-style wagon set on fire... De-socialised, worn out, the users of the park are not playing on some image of the Redskin. They come, in fact, from different tribes (“Go back to your reservation!” –“And you to yours!” come the shouts when they have drunk too much). But the filmmaker captures their painful awareness of folklore with precision: life-size cardboard effigies sometimes surge up between two benches, in sharp contrast to the alcohol-heavy bodies. A closing ritual, seen as a sign of degradation by a woman who remains off screen, puts a finishing touch to this symbolic re-appropriation of the park, which the non-Native society seems to visit simply to “reframe” the Natives, and keep them in reserve so to speak. (C.G.)

Distinctions