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La Deuxième Nuit
The Second Night
© Stenola Productions
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COMMENT VISIONNER CE FILM ?
  • Belgique | 2016 | 75 minutes | Super 8 mm / 16 mm / HD
  • Un film de Éric Pauwels

Futur, présent, passé : après l’injonction d’avenir de Lettre d’un cinéaste à sa fille et le voyage au présent à travers un jardin de films à faire (Les Films rêvés), Eric Pauwels interroge l’origine. Très concrètement d’abord, puisque le corps dont il est sorti il y a soixante ans, celui de sa mère, s’étiole doucement. Origine du cinéma aussi, des Chaplin goûtés enfant dans un café avec elle, à la magnifique injonction qu’elle lui fit jeune homme : celle de faire du cinéma si tel était son souhait. En apparence anodin, ce conseil porte la marque de l’effacement d’une génération de femmes dans le mariage et la maternité. Ainsi procède La Deuxième Nuit, entre première et deuxième personne, collage vibrant de couleurs et de formats, de souvenirs et d’objets, qui ne sont pas des memento mori mais des traces du passage du temps. Brièvement convoqués, d’autres artistes de la mère (Camus, Pasolini) s’insèrent à égalité dans la mosaïque avec les "Je me souviens" intimes (les séances de vaisselle) et les associations singulières (un geste à la signification particulière chez les Pauwels, explicité sur des images de théâtre d’ombres). Unifiée par le regard bienveillant de la mère, la variété de cette moire adoucit son départ, la cruelle "deuxième deuxième nuit". Pas funéraire pour un sou, une joyeuse fanfare de jeunes musiciens s’éloigne au fond du champ, comme Charlot prend congé à la fin de ses films, marchant de dos vers la liberté. (C.G.)

Future, present, past: after the call to the future of Lettre d’un cinéaste à sa fille and a journey to the present through a garden of films yet to be made (Les Films rêvés), Eric Pauwels questions the origin. Very concretely at first, as the body that bore him sixty years ago, that of his mother, is gently declining. The origin of cinema too, from the Chaplin films that he tasted with her in a café to the magnificent challenge she gave him as a young man: to go ahead and make films if that was what he wanted. Seemingly banal, this advice bears the stamp of a generation of women effaced by marriage and maternity. La Deuxième Nuit thus develops,between first and second person, a vibrant collage of colours and formats, memories and objects, which are not memento mori but traces of the passage of time. Briefly referenced, other artists who focused on the “mother” (Camus, Pasolini) enter into this mosaic on equal footing with the personal “I remember”s" (dish-washing sessions) and idio-syncratic associations (a gesture with specific meaning for the Pauwels family, which the film- maker illustrates through shadow-theatre images). Unified by the mother’s kindly gaze, the multiple patterns in this shimmering fabric soften her departure, the cruel “second second night”. Far from funereal, a joyful fanfare of young musicians disappears into the distance, like Chaplin taking his leave at the end of his films, walking away into freedom. (C.G.)

Distinctions