film-documentaire.fr | PORTAIL DU FILM DOCUMENTAIRE

img img
Oleg y las raras artes
Oleg and the Rare Arts
© Estudi Playtime
1/1
AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Andrés Duque

IMAGE

Carmen Torres

SON

Boris Alexseev

MONTAGE

Félix Duque

PRODUCTION / DIFFUSION

Estudi Playtime, Intopiamedia

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

Estudi Playtime, ADAV

ISAN : non renseigné - en savoir plus
COMMENT VISIONNER CE FILM ?

À l’image de ses compositions alliant consonance et dissonance, Oleg Nikolaevitch Karavaichuk ondoie dans ce portrait affectueux qui préserve sa part d’énigme. Quand l’octogénaire androgyne parcourt les couloirs du Palais de l’Ermitage pour s’asseoir au splendide piano du tsar Nicolas, ses propos sur le contraste entre les rues enneigées de Saint- Pétersbourg et la force architecturale et historique du lieu donnent le ton du film : chaque bifurcation de son discours et de sa musique y est ancrée dans une façon de ressentir intensément les textures, les matières. Ainsi Oleg conclut-il un lamento politique anti-Poutine par une mélancolie olfactive : "Pourquoi les fruits ne sentent-ils plus, au marché ?" Qu’est-ce qui, dans la Russie actuelle, ne "sent" plus, au sens également sentimental du terme ? Compositeur pour Sergueï Paradjanov et Kira Muratova, le pianiste semble parfois au bord du délire, mais il incarne surtout dans un seul et même corps les bouleversements récents de son pays. La désaffection qu’il évoque se retrouve dans des plans magnifiques de sa datcha désaffectée, à la bibliothèque presque intacte, même si un Lénine gît oublié à terre. Avec sa voix flûtée et ses métaphores souvent tactiles, l’artiste, qui semble avoir traversé les siècles, est une arche russe à lui tout seul. (C.G.)

Just like his compositions that mix consonance and dissonance, Oleg Nikolaevich Karavaichuk is an ever-changing character in this affectionate portrait, which retains a certain mystery. When the androgynous octogenarian passes through the corridors of the Hermitage Palace to sit at Tsar Nicholas’s magnificent piano, his remarks on the contrast between the snow-covered streets of Saint Petersburg and the architectural and historical force of the place set the tone of the film: each digression in his conversation and music is anchored in the intensity of his feeling for textures and matter. So Oleg concludes a political anti-Putin lament with a note of olfactory melancholy: “Why does the fruit at the market no longer have a smell?” What indeed, in today’s Russia, no longer touches the senses, or even the sentiments? The pianist, who wrote scores for Sergei Parajanov and Kira Muratova, sometimes seems almost delirious, but above all he incarnates in a single body his country’s recent upheavals. The disaffection he mentions is echoed by the splendid shots of his deserted dacha, where the library is intact but for a Lenin lying forgotten on the floor. With his high-pitched voice and often tactile metaphors, this artist – who seems to have traversed the cen- turies – is in himself a Russian ark. (C.G.)

À propos du film
Distinctions