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Al Haffar
The Digger
© Sharjah Art Foundation
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AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Ali Cherri

IMAGE

Bassem Fayad

SON

Mikaël Barre, Karine Basha

MONTAGE

Suzana Pedro

PRODUCTION / DIFFUSION

Sharjah Art Foundation

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

Galerie Imane Farès

ISAN : ISAN 0000-0005-156B-0000-3-0000-0000-S
COMMENT VISIONNER CE FILM ?
  • France, Émirats arabes unis, Liban | 2015 | 24 minutes
  • Un film de Ali Cherri

Depuis vingt ans, Sultan Zeib Khan veille sur les ruines néolithiques de la nécropole du désert de Sharjah, aux Émirats arabes unis. Majestueux, les plans larges n’ont pas de vocation monumentale : la beauté et l’étendue du site parlent d’elles-mêmes. Se joue plutôt ici la possibilité pour un seul homme de s’inscrire dans un paysage qui le dépasse tout en semblant nécessiter son aide. Aperçu tantôt sous la silhouette d’une roche sur le point de le dévorer, tantôt marchant du fond du champ, nanifié, une pelle à la main, Sultan a ceci de particulier qu’il s’affaire quotidiennement pour éviter que des ruines… ne tombent en ruines. Les mots de la célèbre scène des fossoyeurs d’Hamlet reviennent en mémoire : "Ce drôle-là n’a point de sentiment, de chanter pendant qu’il creuse !" Mais les dépouilles, ici, sont depuis longtemps devenues des artefacts archéologiques : les extérieurs d’une grande luminosité alternent avec des plans tournés dans un musée où les ossements sont ordonnés et disposés pour l’œil du visiteur. L’alternance de jour et de nuit mais aussi le travail sonore qui fait entendre les chants de l’homme et les sons de son transistor, suggèrent que même la plus grande des solitudes peut se laisser habiter. Elle souligne surtout le paradoxe de ces tombes vides, où la mort est redoublée par l’absence des reliques. (Charlotte Garson)

For twenty years, Sultan Zeib Khan has kept watch over a ruined Neolithic necropolis in the Sharjah desert in the United Arab Emirates. Although majestic, the wide-angle shots have no monumentalising intent: the beauty and extent of the site speak for themselves. What is playing out here is the possibility for one man to become part of a landscape that overwhelms him yet seems to need his help. Seen under the silhouette of a rock about to devour him or as a dwarfed figure spade in hand walking from the back of the frame, Sultan curiously busies himself from day to day to prevent the ruins… from falling into ruin. Hamlet’s words in the famous gravedigger scene come to mind: “Has this fellow no feeling of his business? He sings at grave-making.” But here the human remains have long since become archaeological artefacts: the highly luminous outside sequences alternate with shots inside a museum where the bones are sorted and laid out for the visitor’s eye. The switching between day and night but also the soundscape of the man’s singing and the sound of his transistor radio suggest that even the greatest solitude can allow itself be inhabited. Above all, it underlines the paradox of these empty tombs, where death is compounded by the absence of the relics. (Charlotte Garson)

Distinctions
  • 2016 : Cinéma du réel - Paris (France) - Compétition internationale Courts Métrages