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Calabria
© Mira Film GmbH / Le Laboratoire Central
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COMMENT VISIONNER CE FILM ?

Calabria, titre du nouveau film de Pierre-François Sauter, désigne autant un espace géographique réel (une région du Sud de l'Italie) qu'imaginaire : un "heimat" où seraient enfouis les rêves d'enfant et qui subsisterait, jusqu'au trépas, à l'état de trace ineffaçable dans la mémoire d'un travailleur immigré italien, mort en Suisse, dont les archives inaugurales content l'histoire ordinaire : celle de l'exil économique intra-européen. La dépouille de cet homme, dont nous venons d'imaginer la vie, José, d'origine portugaise et Jovan, un Rrom serbe, deux employés des pompes funèbres de Lausanne, sont chargés de la convoyer jusqu'en Calabre, là où son existence a commencé. Pour les deux compères, débute un road-movie drôlatique aux accents faulkneriens (Tandis que j'agonise), qui recourt à la technique du split screen pour transformer le corbillard en scène de théâtre. Et dans ce décor ambulant, les deux immigrés se découvrent petit à petit, plaisantent, éprouvent leurs différences, mais surtout ce qui les rapproche intimement du cadavre avec lequel ils voyagent : la commune condition de s'être, un jour, déracinés.
(Emmanuel Chicon)

Calabria, the title of the new film by Pierre-François Sauter, designates a geographical space (a region in the south of Italy) that is as real as it is imaginary: a "heimat" in which a child’s dreams are buried and which  subsist, until the end, as indelible traces in the memory of an Italian immigrant worker, who died in Switzerland. His inaugural archives recount an ordinary story: that of intra-European economic exile. José, of Portuguese origin, and Jovan, a Serbian Roma, who both work for an undertaker in Lausanne, have been instructed to transport the remains of this man, whose life we have just imagined, to Calabria, where his existence began. For the two colleagues, this is the beginning of a witty road-movie with tones of Faulkner (As I Lay Dying), which makes use of a split-screen technique to transform the hearse into the stage of a theatre. And in this travelling setting, the two immigrants gradually discover each other, share jokes, and become aware of their differences and, above all, of what brings them intimately close to the dead body with which they are travelling: the shared condition of having one day been uprooted.
(Emmanuel Chicon)

Distinctions