film-documentaire.fr | PORTAIL DU FILM DOCUMENTAIRE

img img
Sol negro
Soleil noir
Black Sun
© Evidencia Films / Les Films du Worso
1/1
AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Laura Huertas Millán

IMAGE

Jordane Chouzenoux

SON

Juan Felipe Rayo, Jocelyn Robert

MONTAGE

Isabelle Manquillet

PRODUCTION / DIFFUSION

Evidencia Films, Les Films du Worso

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

Laura Huertas Millán, Les Films du Worso, Evidencia Films, Agence du court métrage

ISAN : non renseigné - en savoir plus
COMMENT VISIONNER CE FILM ?

"Le soleil noir du titre évoque autant l’éclipse solaire que cette "bile noire" à laquelle les médecins de l’Antiquité attribuaient les pulsions mélancoliques et suicidaires dont les artistes allaient tout particulièrement souffrir et qui envahissent ici l’existence d’Antonia, chanteuse lyrique dont la beauté sombre illumine le film.
Laura Huertas Millan présente, en une mise en scène pudique et elliptique, plusieurs facettes du personnage d’Antonia. Les liens familiaux délicatement explorés ne le sont pas tant à la recherche de l’origine du mal que comme une forme d’introspection à plusieurs voix : celles de la tante, de la mère et de la fille – la réalisatrice elle-même, qui par le biais de la fiction cherche à s’arracher à la destinée familiale.
Les rapports entre le corps et l’esprit, dépression et création, sont alors révélés par bribes, toujours comme un questionnement et avec un tact infini. Petit à petit, le film exhale un peu du poison qui ronge les esprits et tord les estomacs : il fait sortir doucement une mélancolie, une tristesse profonde qui semble s’échapper des corps regardés au plus près, par les mots, par le souffle, en chantant, ou en pleurant, parfois même en mangeant. Inspirer, expirer. Exercice plus difficile qu’il n’y parait. La maïeutique à l’œuvre se donne alors à voir à travers le parcours d’Antonia, tantôt forte et tantôt fragile, cantatrice condamnée à chanter dans un théâtre vide, tel un soleil que personne ne peut regarder en face sous peine de se brûler les yeux."
(C.G. FIDMarseille 2016).

"The title (Black Sun) is as evocative of solar eclipse as it is of the "dark spleen" which doctors, all through Antiquity, used to attribute to melancholic and suicidal drives, especially as they affected artists. Here such drives end up striking the existence of Antonia, an opera singer whose dark beauty brings light to the film. Through discreet and elliptical staging, Laura Huertas Millan presents Antonia's multi-faceted character. Family bonds are delicately explored not so much for an origin of evil but as a kind of introspective polyphony: the voices of aunt, mother and daughter (the director herself) are heard as she struggles, through fiction, to escape from her family's fate. Relationships between body and mind, as well as depression and artistic creation, are highlighted through snippets, ongoing questioning and infinite tact. The film gradually spreads some of the poison gnawing at one's mind and causing stomach aches, slowly releasing melancholia and deep sadness as they flow away from the bodies so closely looked at through words, breath, singing or weeping, and at times even while eating. Breathing in, breathing out: a task much harder than it might seem at first. The quest for truth unfolds through Antonia's lifetime, both at times of strength and vulnerability: the soprano is condemned to sing in an empty hall, much like a sun no-one can look at directly without having one's eyes burned."
(C.G. FIDMarseille 2016).

Distinctions