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Austerlitz
© Imperativ Film
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AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Sergueï Loznitsa

IMAGE

Sergueï Loznitsa, Jesse Mazuch

SON

Vladimir Golovnitski

MONTAGE

Danielius Kokanauskis

PRODUCTION / DIFFUSION

Imperativ Film

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

Imperativ Film

ISAN : non renseigné - en savoir plus
COMMENT VISIONNER CE FILM ?

En plaçant la caméra littéralement au milieu des gens, le réalisateur décide de reprendre et d’adapter au grand écran non pas l’intérieur des chambres où s’est déroulé le drame historique, mais bien l’extérieur, considérant comme sujet de communication les murs et les remparts qui stabilisent l’enceinte où le passé a suivi son cours. En changeant le point de vue de la caméra, en n’optant jamais pour le mouvement, en ne changeant jamais la prise de vue, mais en laissant l’extérieur s’affaisser contre les “murs” du cadrage, Sergei Loznitsa impose aux spectateurs ce qui semble être un voyage-souvenir, une immersion dans le passé sans montrer le passé lui-même, mais en lui permettant de faire partie du présent, avec ses témoins, pour qu’il parle de lui-même.
La caméra, toujours rigoureusement fixe, cadre en noir et blanc les visiteurs d’Auschwitz, d’abord lorsqu’ils passent le portail d’entrée, puis durant la visite des différents sites qui divisent le camp, pour enfin les accompagner vers la sortie, en les suivant et les observant depuis le début du voyage. Une caractéristique qui se distingue de l’œuvre est l’inconscience de ceux capturés par la caméra, qui regardent souvent droit dans l’objectif, surpris de voir son œil investigateur, un élément qui, avec le choix de la caméra en un point fixe, aborde le documentaire atypique Austerlitz à la manière du tout premier film des frères Lumière.
Sergei Loznitsa, met en scène la non-narration de son projet de façon plutôt risquée et choisit de regarder le présent et de réinterpréter le passé par l’intermédiaire de celui-ci. Le passé apparaît également sous forme de brèves anecdotes racontées par le guide de groupes de touristes qui, de temps en temps, devient la victime de l’œil intrusif de la caméra. En décidant de ne pas voir plutôt que de montrer librement, l’auteur confère une plus grande importance au hors-champ, c’est pourquoi les personnes filmées peuvent voir au-delà des murs et des remparts qui semblent infranchissables pour le spectateur. Il finit par parler de hors-champ actif et fait porter l’attention sur l’idée de mort qui plane sur Auschwitz. Sergei Loznitsa n’a qu’une seule intention : l’important n’est pas de montrer des photos d’archive ou des reproductions des prisons nazies, mais bien de mettre l’accent sur la mort qui, à cause du génocide, a emporté beaucoup – trop - de victimes. Voilà ce qu’il faut garder à l’esprit, le reste n’a pas d’importance.
(Cineuropa)

Is this still memorial or already event culture? All those slogans on T-shirts we see every day, from “Cool Story, Bro” to “This Is Your Lucky Day” – what do they stand for when the context is a visit to a concentration camp? Are these misguided messages, errant people? And is “Work Makes You Free” just another slogan that calls for a pose with the selfie stick, either before or behind the gate?
Sergei Loznitsa’s camera is firmly set up at the place where ever new hosts of tourists stream through the site like through a theme park, neither stopping nor trying to connect to their environment. In carefully framed black and white tableaux he gives us, in proven fashion, the time necessary to become aware of every detail within the frame. The camera records several memorial sites (including Sachsenhausen and Dachau) like a single place that reveals nothing, a de-historicised and ultimately nameless sightseeing destination. Even the title of the film refers to the exchangeability of the content. At its centre are the visitors and with them the big issue of our identity and localisation in history. Nonetheless, individual speakers detach themselves from the murmur of the soundtrack; individual faces stand out of the crowd and invite us to take a closer look at the dynamics between the masses and the individual.
(Lars Meyer)

À propos du film
Distinctions