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Monicelli, le païen
AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Francesca Bartellini

PRODUCTION / DIFFUSION

Les Films du tamarin

PARTICIPATION

CNC

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

Les Films du tamarin, Images de la culture (CNC)

ISAN : ISAN 0000-0002-F08A-0000-B-0000-0000-4
COMMENT VISIONNER CE FILM ?

Monicelli, le païen s’ouvre sur les manifestations étudiantes de fin 2010 à Rome, auxquelles Mario Monicelli (né en 1915) est venu apporter son soutien, et le suicide du cinéaste quelques jours après. L’écrivain Sebastiano Mondadori ainsi que des acteurs et collaborateurs viennent compléter plusieurs entretiens avec le réalisateur, qui dit raconter toujours la même histoire, celle d'"incapables qui tentent une chose au-delà de leurs capacités".
Sur le tournage de son dernier film, Le Rose del deserto (2006), Mario Monicelli s’intéresse avant tout au mouvement des corps des acteurs. Ils sont au centre de son travail, et il aime les utiliser à contre-emploi : il donne à Gassman son premier rôle comique dans Le Pigeon (1958). Avec ce film, la comédie à l’italienne, alors considérée comme un genre mineur, gagne ses lettres de noblesse. La comédie est d’ailleurs ambiguë : le film débute par un voleur qui meurt écrasé en fuyant. Dans La Grande Guerre (1959), c’est l’inverse : le burlesque s’invite au sein du tragique. Ce mélange des genres va de pair avec une morale audacieuse – la lâcheté n’est jamais loin de l’héroïsme. Le décalage se poursuit avec Romances et Confidences (1974) dont les personnages sont tous désespérés. La réalité de l’époque affleure. Engagé, Monicelli se démarque de la comédie de son temps et dénonce les faux progrès des années 1970. Il saura jusqu’au bout regarder son époque sans illusions.
(Martin Drouot)