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EA3 (3e exercice d'admiration : Jean Cocteau)
© Bonne nouvelle Productions
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AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Vincent Dieutre

IMAGE

Jeanne Lapoirie

SON

Benjamin Bober

MONTAGE

Dominique Auvray, Mathias Bouffier

PRODUCTION / DIFFUSION

Bonne Nouvelle Productions

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

Bonne Nouvelle Productions, ADAV, ESC Distribution

ISAN : non renseigné - en savoir plus
COMMENT VISIONNER CE FILM ?

En septembre 2008, une petite équipe de cinéma se rassemble dans une maison de Provence pour donner corps à un souvenir, au point du jour. Vincent Dieutre a entendu à la télévision, pendant son enfance, La Voix humaine, de Jean Cocteau – pièce créée à la Comédie française en 1930 par Berthe Bovy. À la recherche de ce qui, dans cet "incendie de mots", l'avait tant troublé à l'époque, il tourne "un film clandestin, fébrile", en forme d'exercice d'admiration, entre chien et loup. C'est Jacques Nolot qui transpose le rôle au départ dévolu à une actrice. Le motif central demeure : après quelques tentatives infructueuses, un homme finit par joindre son interlocuteur au téléphone (portable), pour entamer avec lui un dialogue lacunaire et tronqué, et lui faire une ultime déclaration d'amour perturbée par les aléas techniques. La performance de Nolot se conclut par la lecture d'une lettre que le cinéaste a adressée aux ayant-droits de Cocteau, perturbés par la "queerisation" de l'œuvre, dans laquelle il rappelle le goût de celui-ci pour le fait de "tordre les œuvres" et que cette pièce n'est "ni une histoire d'homme, ni une histoire de femme, mais une pure histoire d'amour".

Collection : Exercices d'admiration
"Je le sais aujourd’hui : ce sont des œuvres, des films, des musiques, des textes, qui m’ont fabriqué, autant que des êtres et des événements. ainsi, depuis quelques années, j’ai entrepris de faire en cinéma cette "archéologie frivole" (Derrida) et de donner une forme à cette quête des images qui m’ont nourri, et me nourrissent encore. Il y a eu EA1 consacré à ma découverte du cinéma de Naomi Kawase, puis EA2 qui revenait sur le choc irrémédiable que fut pour moi La Maman et la Putain de Jean Eustache... On dit parfois que la culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié, et si aujourd’hui je pense avoir trouvé ma voie (voix ?) de cinéaste, ces EA (Exercices d’admiration) m’obligent à fouiller plus profond, à chercher les fantômes qui hantent mes images souvent à mon insu... Ils me mettent au défi surtout de trouver une forme pour dire cette admiration et pour me la réapproprier, la sublimer et la jeter à la face du monde..."
Vincent Dieutre

In September 2008, at the crack of dawn, a small film crew met in a house in Provence to give substance to a memory. During his childhood, whilst watching television, Vincent Dieutre heard Jean Cocteau’s La Voix humaine – created by Berthe Bovy with the Comédie française in 1930. He set out to find what so troubled him at the time in this “firestorm of words” and shot a “clandestine, fever- ish film” as an exercise in admiration as night falls. Jacques Nolot plays the role originally intended for an actress. The main plot remains unchanged: after a few unsuccessful attempts, a man reaches the person he intends to speak with on their (mobile) phone and starts a patchy garbled conversation. He makes a final declaration of love that is disrupted by technical problems. Nolot’s performance ends with the reading of a letter that the filmmaker addresses to Cocteau’s rights-holders, who were disturbed by the “queerisation” of the work, in which he recalls Cocteau’s tendency to “twist works” and that this play is “not astoryofaman,orawoman,butapure story of love.”
(Emmanuel Chicon)