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Selfie
Selfie, avoir 16 ans à Naples
© Magnéto Presse / CDV
1/1
AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Agostino Ferrente

SON

Benedetto Atria

MONTAGE

Letizia Caudullo, Chiara Russo

MUSIQUE ORIGINALE

Andrea Pesce, Cristiano "Defa" Defabritiis

PRODUCTION / DIFFUSION

Magnéto Presse, CDV Casa delle Visioni, ARTE France, Rai Cinema

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

Deckert Distribution GmbH, Magnéto Presse

ISAN : non renseigné - en savoir plus
COMMENT VISIONNER CE FILM ?

"Ça parle de la mort", prévient Pietro au seuil du film et d’une chanson qui, dédiée à son cousin mort sous les balles d’un gendarme, lui tirera des larmes. Le film aussi parle de la mort, parce qu’il faut "montrer les choses moches, et pas seulement les choses belles". Disant cela, Pietro dessine une authentique morale documen­taire. Car s’il est à l’image, c’est aussi lui qui tient la caméra, un smartphone ordinaire confié à lui et à son ami Alessandro par Augusto Ferrante. Léguer les moyens du film à ses personnages (ici deux adolescents du quartier de Traiano, à Naples, où la loi du crime les menace aussi sûrement que la misère) n’est pas un geste neuf en soi. Mais comme le suggère le titre du film, sa singularité vient de ce que Pietro et Alessandro se fil­ment à bout-de-bras, toujours dans le cadre en même temps que les événements qu’ils désignent. Cette esthé­tique du selfie, qui brise les règles de la représentation en léguant au spectateur la place laissée vacante par le filmeur, donne une coloration puissamment tragique au portrait. Car l’innocence triste de ces ragazzi sans ave­nir, la sentimentalité déchirante de leurs confessions, les jeux candides qui baignent encore leur quotidien désabusé, n’en finissent pas de nous prendre à témoin du désastre qui leur tient lieu d’environnement, et qui semble ici peser sur leurs épaules comme un oiseau de malheur. 
(Jérôme Momcilovic) 

Selfie is a unique record of the case of 16-year-old Davide Bifolco, who was shot dead by a carabiniere in the Neapolitan district of Traiano. To understand a neighbourhood often portrayed as a ghetto and "Camorra" stronghold, as well as the circumstances of Davide’s death, director Agostino Ferrente seeks out Davide’s friends and meets Pietro and Alessandro. In the film’s introduction he is heard asking off-camera, "tell me about your friendship", which reveals his approach to this consistently collaborative documentary-fiction project. Equipping the boys with a mobile phone and a microphone, he asks them to document their everyday lives as a ‘selfie’ film, whether they are riding a scooter, at the beach, hanging out with friends or on the toilet. This turns out to be the perfect format in an age where self-dramatisation often becomes a product. The result is an impressive collage, both visually and in the film’s audio track, about adolescence; about lives where your background determines your future; about state despotism; about anger and grief, but above all about a tender boyhood friendship in a male world in which toughness reigns.

Distinctions