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Raposa
Reynard
© Terratreme Filmes
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AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Leonor Noivo

AUTEUR(S)

Patricia Guerreiro

IMAGE

Vasco Saltão

SON

Miguel Cabral, Leonor Noivo, Rafael Gonçalves Cardoso, Hugo Leitão

MONTAGE

Francisco Moreira, João Braz

PRODUCTION / DIFFUSION

João Matos, Tiago Hespanha, Luisa Homem, Pedro Pinho, Susana Nobre, Terratreme Filmes

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

Terratreme Filmes

ISAN : non renseigné - en savoir plus
COMMENT VISIONNER CE FILM ?
  • Portugal | 2019 | 40 minutes | 16 mm
  • Un film de Leonor Noivo

Leonor Noivo est cinéaste, Teresa Guerreiro actrice. Pour faire un film au sujet du secret qu’elles partagent et qui fonde leur intimité, elles décident de créer ensemble le personnage de Marta. Leur secret est une difficulté d’être que la médecine nomme anorexie. Si Raposa – "Reynard" en portugais – refuse cette nomination et préfère le détour d’une métaphore animale, c’est parce que le cinéma a le pouvoir de concevoir la maladie comme une manière d’être au monde, de détourner un handicap en mode de relation à l’espace, au temps, aux choses de la vie : ici, l’obsession d’un contrôle absolu sur tout ce qui circule entre l’intérieur et l’extérieur – nourriture, pensées, émotions. L’actrice et la cinéaste façonnent leur double et documentent son existence. Incarnée par Teresa, Marta est mise en scène, dirigée et filmée par Leonor. Marta passe sa vie à compter : les secondes, les calories qu’elle ingère, les pas qu’elle fait pour aller chercher le courrier. Tandis que la voix de Teresa décrit et commente ce qui se passe à l’intérieur de son personnage, la caméra de Léonor se tient à l’extérieur. Se laver, s’habiller, préparer son repas : la densité du 16mm accorde à chaque acte quotidien la gravité douloureuse et la sensualité chorégraphique d’un exercice spirituel ou d’un rite de purification. Entre le portrait d’un personnage et l’autoportrait d’une actrice, Raposa développe sans le moindre discours la plus troublante méditation métaphorique sur le travail de la fiction. Car la folie de la maîtrise de soi, c’est aussi la déraisonnable ambition du comédien, celle que vantait Diderot et déplorait Rousseau : n’être rien pour pouvoir être tout et tout contrôler de l’autre que l’on devient.
(Cyril Neyrat - FIDMarseille)

Distinctions