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Danses macabres, Squelettes et Autres Fantaisies
© Barberousse Films
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COMMENT VISIONNER CE FILM ?

Deux cinéastes et un écrivain sont au Portugal pour un périple entre quelques images, moments de l’histoire de la figuration occidentale. L’écrivain est Jean-Louis Schefer, cette histoire aura été l’affaire de sa vie. Quel rapport entre les danses macabres du Moyen-Âge finissant, la Tentation de Saint- Antoine de Bosch, un paysage de Fragonard et les gravures préhistoriques de Foz-Coa ? Aucun, avoue d’emblée Schefer, sinon l’arbitraire d’un goût. Aucun rapport savant, mais une relation, vive et passagère, celle de la conversation amicale qui reprend à chaque station de ce voyage dans la pensée de l’image et de ce qu’elle conserve de l’histoire. Schefer parle beaucoup, sa parole est fluide, claire, concentrée. Ses deux amis parlent peu, écoutent avec attention, relancent parfois. Est-ce pour autant un monologue déguisé ? Oui, car ce film peuplé par l’amitié dissimule le portrait d’un penseur et d’un écrivain tel que seul le cinéma sait le faire : une intelligence en acte, une manière d’être seul ou de se tenir en compagnie, de conduire la parole pensante, toute une vie touchée par les images, aussi, ramassée face à quelques objets figuratifs. Non, car c’est entre la parole de Schefer, la mise en scène de Rita Azevedo Gomes et le montage de Pierre Léon que la conversation se trame et que le film, sans un mot de plus, déploie une autre pensée qui amplifie, commente et déborde celle de l’écrivain. La passion de la peinture hante la composition du moindre plan, qu’il cadre un tableau dans un musée ou un paysage portugais. Le montage ponctue le voyage d’une micro-histoire du cinéma, contrepoint espiègle au discours érudit. Comme le dit Schefer des danses macabres : "Ça bouge, c’est liquide et solide à la fois, ça avance dans rien, sur rien. C’est de l’histoire qui emporte les vivants."
(Cyril Neyrat - FIDMarseille)

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