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François Pavilla, l'héritage d'un boxeur

Qui se souvient de François Pavilla ? Quelques anciens, férus de boxe, certainement. Les Martiniquais à n’en pas douter, un stade ainsi qu’une rue (inaugurée par Aimé Césaire) de Fort-de-France porte son nom. François Pavilla a rayonné sur les rings chez les professionnels de 1959 à 1968. Il affronté les champions et les grands noms de son temps : Maurice Auzel, Curtis Cokes, Lucien Fernandez ou encore Marcel Cerdan fils. Poids welters, entraîné par le légendaire manager Jean Bretonnel, il affiche un palmarès de 52 combats (42 victoires, 5 défaites et 5 nuls). Il est invaincu de 1959 à 1964 et est classé 7e mondial en 1964. Le 29 avril 1968, il perd ce qui sera son dernier combat face à Marcel Cerdan fils. Injustement, de l’avis de tous les connaisseurs. L’affaire fit scandale. Une revanche fut convenue. Elle n’eut jamais lieu, Pavilla mourra brutalement à l’hôpital après une opération pour un décollement de la rétine. Il avait 31 ans. Son épouse se battra devant les tribunaux sept ans durant pour faire reconnaître qu’il y eut négligence de la part du corps médical.
Né à Fort-de-France en 1937, il arrive à Paris en 1951, à l’âge de 14 ans. Avec l’envie de boxer. Son histoire est d’abord celle d’un grand sportif français, venu d’outre-mer comme tant d’autres. C’est dans cette période des années 50/60 que des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants venus des Antilles, de Guyane et de la Réunion, auxquels l’État, qui organisa leur migration, avait promis opportunité et vie meilleure, mais qui endurèrent l’exil et luttèrent pour ne pas tomber dans la misère. Pavilla boxait pour nourrir sa famille, sa femme et leurs cinq enfants. L’ambition de ce film est simplement de retracer l’itinéraire d’un petit gars de la Martinique, amoureux de la boxe, qui quitta son île pour se consacrer au noble art qui le sortit de la pauvreté. L’histoire d’un champion tombé dans l’oubli.