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Victoria
© Caviar
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AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Sofie Benoot, Isabelle Tollenaere, Liesbeth De Ceulaer

IMAGE

Isabelle Tollenaere

SON

Kwinten van Laethem

MONTAGE

Isabelle Tollenaere, Sofie Benoot, Liesbeth De Ceulaer

MUSIQUE ORIGINALE

Lashay Warren, Annelies Van Dinter

PRODUCTION / DIFFUSION

Caviar

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

Filmotor

ISAN : non renseigné - en savoir plus
COMMENT VISIONNER CE FILM ?

"Arriver de Los Angeles pour rallier ces rues vides. Pour repartir à zéro. Élever les enfants. S'assurer que tout est Gucci." Lashay T. Warren, 25 ans, mari et père de quatre enfants, a quitté les quartiers difficiles de Compton pour California City, à peine 100 miles au nord de Los Angeles, et un univers complètement différent. Il élève à présent sa famille là-bas et il a signé avec le KSACC (Kern Service and Conservation Corps), un programme pour les jeunes défavorisés qui offre des opportunités d’éducation (on y donne notamment des classes quotidiennes), des compétences pour vivre plus facilement l’entrée dans l’âge adulte et (ce qui n'est pas la moindre des choses) une grande proximité avec la nature.
Après le choc culturel initial, Lashay se met petit à petit à regarder autour de lui. Il observe, il absorbe, il remet son passé à Los Angeles en perspective et décide de consigner ses pensées dans un journal, qui nous est lu sur toute la durée du film. "On ne peut pas aller partout à pied. Tout est loin ici." Quoiqu'il en dise cependant, Lashay fait beaucoup de marche à pied (le programme comprend l'entretien de la voirie) et il fait son propre chemin, sans suivre le plan de cette ville fantôme déserte. Il prend des raccourcis, parfois par nécessité mais aussi, de plus en plus, par curiosité. Et c’est certainement un endroit curieux que ce lieu avec lequel Lashay, sa famille et ses nouveaux amis interagissent tous : c'est un personnage principal du nom de California City, la troisième plus grande ville de Californie (par sa superficie, après Los Angeles et San Diego, ce qui en fait une ville plus grande que San Francisco). Elle a été conçue dans les années 1960 par un professeur de sociologie comme une ville jumelle de Los Angeles, mais elle s'est vite retrouvée abandonnée.
Avec attention, sans se presser, le trio de réalisatrices suit ces nouveaux arrivants, capturant leur parcours intérieur et extérieur avec compassion et entrain. Pendant les classes, les membres de l'opération lisent des textes sur des pionniers du XIXe siècle traversant le pays. À bien des égards, ils sont eux-mêmes des pionniers des temps modernes – le pionnier étant "quelqu'un qui voyage à pied, quelqu'un qui connaît le territoire", selon la définition que propose l'un d'eux. "Quelqu'un" est sans doute le mot-clé ici : c'est ce que nos jeunes amis deviennent au fur et à mesure, des individus à part entière. Quant à Lashay, il apprend à connaître le territoire, offrant à cette ville fantôme une âme. S’il y parvient, il aura fait mieux qu'au moins un professeur de sociologie à un moment dans le passé. Et ça, c’est très Gucci aussi.
(Jan Lumholdt)

Over the course of two years in California City, a huge, eerie planned city in the desert that is cut off from Los Angeles by a mountain range, Victoria unfolds, en passant, a city map that eludes orientation: we see time passing, sandy streets being tended to, kids on their way to school and hanging out. Out of documentary images and phone videos taken by Warren, the protagonist, virtual views and a voiceover of his diary entries, an image of the city and a city of images are formed in parallel. The construction of reality becomes visible here, as does its potential for the poetic: a turtle race in the desert sand, fountains that gush from burst pipes, memories of Los Angeles surfacing during a virtual stroll with Google Maps, black holes as gateways to another galaxy.

Distinctions