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Selvportrett
Lene Marie ou le vrai visage de l’anorexie
Self Portrait
© Speranza Film
1/4
AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Margreth Olin, Katja Hogset, Espen Wallin

IMAGE

Øystein Mamen, Lars Erlend Tubaas

SON

Magnus Haukaas

MONTAGE

Helge Billing

MUSIQUE ORIGINALE

Susanne Sundfør

PRODUCTION / DIFFUSION

Speranza Film

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

Cinephil

ISAN : non renseigné - en savoir plus
COMMENT VISIONNER CE FILM ?

"C’est comme si j’avais un régime nazi à l’intérieur de mon propre corps." Anorexique depuis l’âge de 10 ans, Lene Marie Fossen en a 28 au moment où commence ce film. Cette jeune Norvégienne vit alors toujours dans la ferme de son enfance, entre deux parents aimants et impuissants, dans la campagne non loin de Lillehammer. Un jour, la petite fille dévorée d’angoisse et de douleur, qui n’a jamais voulu grandir, découvre lors d’une thérapie que la photographie est un moyen "d’arrêter le temps", et y trouve un chemin vers elle-même autant que vers les autres. Au fil d’autoportraits méticuleusement composés, comme autant d’images de la souffrance, elle met en scène son corps squelettique, affrontant la terreur pour y puiser de la beauté. Peu à peu, avec autant de ténacité que de délicatesse, elle tourne aussi son objectif vers des visages inconnus : ceux des habitants de l’île de Chios, en 2014, comme ceux des réfugiés syriens échoués sur le rivage de Lesbos, en 2015. Deux ans plus tard, un confrère célèbre en Norvège, Morten Krogvold, lui ouvre les portes du Festival Nordic Lights, où ses bouleversants autoportraits sont chaleureusement accueillis. Mais malgré cette reconnaissance presque immédiate, Lene Marie reste prisonnière de son combat épuisant entre la vie et la mort, et rend peu à peu les armes. Elle décède d’une crise cardiaque à l’automne 2019.
Les réalisatrices ont suivi Lene Marie plusieurs années durant, au plus près de son être ravagé par une maladie psychique dont, pas plus que la jeune femme, elles ne prétendent expliquer le mystère. Attentif à la beauté du cadre comme son modèle, dénué de voyeurisme comme ses photographies, dont il semble un prolongement, leur film ne laisse pas indemne. Mais de même que Lene Marie lutte pour n’être pas réduite à son anorexie, ce face-à-face avec une souffrance sans remède mêle si intimement le courage et la défaite, le désespoir et le bonheur, qu’il semble par moments capter l’essence même de la vie.

Lene Marie Fossen fought anorexia for 20 years. With her camera she documented her will to live but also her deterioration. The film brings great admiration for her artistic talent as a photographer but also provides an insight into her life with the disease.

Distinctions