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Chagall dans son jardin à Saint-Paul-de-Vence
© La Cinémathèque française
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AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Frédéric Rossif, Henri Langlois

PRODUCTION / DIFFUSION

Henri Langlois, La Cinémathèque française

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

La Cinémathèque française, La Cinémathèque française, La Cinémathèque française

ISAN : non renseigné - en savoir plus
COMMENT VISIONNER CE FILM ?

1952-1970

Documentaire inachevé écrit et produit par Henri Langlois sur Marc Chagall.

À l'occasion du Centenaire Langlois en 2014, numérisation HD d'une bobine 16 mm inversible non montée (114 mètres). Les épreuves existantes de tournage sont découpées en trois parties : l'atelier et les élèves du maître, les œuvres, et enfin des vues extérieures intimes du peintre plus tardives, dans sa roseraie et jardin de Saint-Paul-de-Vence, que nous vous présentons ici. Il n'existe malheureusement aucune trace sonore.

"En 1951, Langlois se lance dans la production d'un film sur Chagall, le peintre qu'il admirait le plus. C'est aussi le projet le plus ambitieux de la série. Le tournage-fleuve est prolongé jusque dans les années 1960. Proche de Langlois, Chagall signe plusieurs affiches d'expositions (Charleroi, par exemple), mais aussi l'affiche du congrès FIAF de 1953 à Saint-Paul-de-Vence. Un contrat est signé en juillet 1952 : en cas d'exploitation, Chagall accorde 20% des bénéfices à la Cinémathèque, Langlois espère ainsi récupérer 400 000 francs de recettes. En 1954, les opérateurs parcourent le monde avec l'autorisation de Chagall pour filmer les peintures (personne n'avait réussi à filmer les peintures à Saint-Pétersbourg). Ainsi, plus de 200 toiles sont filmées dans le monde entier, 4 000 mètres de pellicule dont il ne reste aujourd'hui que de courts fragments. Le geste est relativement brutal pour exprimer la progression narrative des peintures (loin des magnifiques et longs panoramiques de Luciano Emmer et Enrico Gras le long des fresques de Giotto). Frédéric Rossif, Renée Lichtig, David Perlov, Tinto Brass et Joris Ivens sont associés au travail préparatoire de montage. Chagall s'installe dans le sud à partir de 1950. Il réside à Vence, en voisin de Matisse et Picasso. Il apprend la céramique chez Madoura comme Picasso, à Vallauris. Les images, plus tardives (circa 1960-70 ?) et intimes, en extérieur, montrent l'artiste à un moment auprès d'une chèvre, tendre symbole de son amour pour les animaux dits faibles, inoffensifs, nourriciers, promis au sacrifice. Le film reste un projet inachevé : commencé en 1951, toujours inachevé en 1955, premier bout-à-bout en 1956, nouveaux voyages en 1957... Langlois reçoit l'incompréhension de Chagall, qui reste déçu par la qualité des images. L'expérience Chagall marque aussi la fin de collaboration entre Langlois et Rossif. Des éléments de tournage subsistent dans les archives : trois fragments film, peintures (280 mètres, hélas totalement virés : où sont passés les 4000 mètres ?), cours avec ses élèves et son assistant en Kodachrome, extérieurs et roseraie à Saint-Paul-de-Vence en noir et blanc ; du côté du non-film, des carnets de "desseins-dessins" (archives David Perlov), mais également un découpage et un scénario de Langlois très détaillés (vie du peintre mais aussi analyse de sa peinture)."
(Émilie Cauquy)