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Sweat
AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Elsa Brès

IMAGE

Elsa Brès

SON

Elsa Brès, Maxence Ciekawy, Rémi Mencucci

MONTAGE

Elsa Brès

MUSIQUE ORIGINALE

Méryll Ampe

PRODUCTION / DIFFUSION

Parkadia

PARTICIPATION

Région Occitanie / Pyrénées-Méditérannée

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

Elsa Brès

ISAN : non renseigné - en savoir plus
COMMENT VISIONNER CE FILM ?
  • France | 2020 | 30 minutes
  • Un film de Elsa Brès

Les premières tentatives de cartographier le delta du Mississippi remontent au début du XVIIIe siècle. Milieu incontrôlable, fragile et mouvant en soi, il est depuis constamment transformé pour l'exploitation de ses ressources.
Navigant entre les temps et les espaces, Sweat nous immerge progressivement entre les lignes des cartes, dans la part insubordonnée et fluctuante de ce territoire, en compagnie des êtres vivants qui le peuplent.

"Compter, marcher, se perdre, puis se dissoudre dans le paysage. Tel semble être le mouvement dans lequel Elsa Brès nous embarque avec Sweat, tourné dans le delta du Mississippi. En amorce, au rythme d’un marcheur, le décompte malicieusement lacunaire de ses pas, saisi par bribes. Une scansion qui vaut autant comme souvenir de la première cartographie du delta – sa tenue y fait allusion – que comme geste élémentaire de mesure du monde. Un geste inaugural que le film s’emploiera à faire oublier pour mieux se laisser porter, dériver et nous immerger dans les méandres du fleuve, entre flots et débordements. Une dérive menant de lieux en lieux, non nommés, au fil des affluents, dans une nature luxuriante, marquée de cicatrices de l’exploitation et de la présence humaine, à l’instar de ce gigantesque complexe pétrolier entr’aperçu. Fluidité d’un parcours aussi sensoriel que mental, entre hier et aujourd’hui, au gré des luttes que l’on devine avec la puissance des éléments et de leur maîtrise que l’on comprend vaine – inondation, déferlement de nuées d’insectes -, pour laisser la part belle aux rencontres furtives, humaines ou animales. Une invitation à se laisser absorber dans la matière même d’un espace aux contours mouvants, fait de berges aux tracés indécis, devenus comme autant de lignes de fuite. Ainsi Sweat dessine le passage d’une zone cartographiée à l’informe, du strié de la carte au lisse du milieu selon les mots empruntés à Gilles Deleuze. Et nous, plongés dans un monde sonore grouillant des êtres qui le peuplent, tout de bruissements émaillés comme autant d’avertissements de dépêches relatant les démesures d’un delta habité, suant, suintant comme le titre nous l’indique, tel un corps, un organisme vivant."
(N.F. - FIDMarseille)

The first attempts to map the Mississippi Delta date back to the early 18th century. An uncontrollable, fragile and shifting environment in itself, it has since been constantly transformed by the exploitation of its resources.
Navigating between time and space, inhabiting the edge between the real and the speculative, Sweat gradually immerses us between the lines of the maps, in the fluctuating and insubordinate part of this territory, by following the living beings that inhabit it.

"Counting, walking, getting lost, then dissolving into the landscape. Such is the movement in which Elsa Brès involves us in Sweat, a film shot in the Mississippi delta. At the very beginning, at the pace of a walker, the mischievously incomplete count of steps, captured in fragments. A scansion that is both a recollection of the first mapping of the delta (as suggested by the outfit), and an elementary impulse to measure the world. An opening gesture that the film quickly erases to better go with the flow, drift, and immerse us into the meanderings of the river, between flood tides and overflowing. We drift from one nameless place to the next, following tributaries, through a luxurious nature, bearing scars of human presence and exploitation, like the gigantic oil complex we catch a glimpse of. Through this both sensorial and mental journey, between yesterday and today, while alluding to fruitless fights to try and tame the elements (flood, swarms of insects), the film gives prominence to brief encounters, either with men or animals. An invitation to let ourselves be absorbed into the very matter of a space with unstable contours, made of indecisively drawn banks, like so many convergence lines. Thus, Sweat draws the passage from a charted area to the shapeless, from the ridged map to the smooth space, to borrow Gilles Deleuze’s words. And here we are, plunged into an environment teeming with the noise of its inhabitants, rustling like so many cautionary news about the excesses of a delta that is lived-in, oozy, sweaty, as indicated by the title, like a body, a living organism."
(N.F. - FIDMarseille)

Distinctions