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Matata
© Alkebu Film Productions
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AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Petna Ndaliko Katondolo

AUTEUR(S)

Chérie Rivers Ndaliko

IMAGE

Petna Ndaliko Katondolo

SON

Lee Weisert

MONTAGE

Petna Ndaliko Katondolo

MUSIQUE ORIGINALE

Lee Weisert, Jaja Bashengezi

PRODUCTION / DIFFUSION

Alkebu Film Productions

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

Arsenal Distribution

ISAN : non renseigné - en savoir plus
COMMENT VISIONNER CE FILM ?

"Une femme prend la pose. Un homme la vise, et la prend en photo. Très vite, le shooting dégénère : chaque clic de l’appareil semble un pan ! de fusil-mitrailleur. Personne ne parle ; le montage se dérègle, et avec lui les images, les espaces, les temporalités. La femme s’évade : dans un bâtiment abandonné, un homme, aussi mutique qu’elle, se dérobe à ses regards. C’est lui que le film suit maintenant : il explore un musée, où est exposée l’histoire de l’Afrique, de ses souffrances et des ingérences extérieures.
Matata dresse un inventaire de l’Afrique et de l’héritage de ses représentations. La parole y est confisquée, et l’homme et la femme y errent sans pouvoir jamais vocaliser la violence dont ils sont témoins ou victimes. La photographie, et avec elle le cinéma, sont dès la séquence d’ouverture autant une technique de prédation qu’un instrument de beauté : documents ethnographiques filmés par le colonisateur, ou encore images historiques d’acteurs de la décolonisation désormais morts et neutralisés en musées…
Face à cette histoire d’exploitation, ce sont les corps qui résistent. Là où la parole est absente, la musique s’impose, et la chorégraphie envahit les espaces de vie : une bande de jeunes hommes improvise une danse dans une jeep arrêtée à un feu rouge, une exploration de ruines devient un chassé-croisé entre des corps qui se cherchent, et même une ancienne cérémonie dansée redevient un lien avec une histoire occultée. Ou comment, face à un regard réifiant, se dessine la possibilité de redevenir sujet."
(N.L. - FIDMarseille)

"A woman poses. A man with a camera zeros in on her and takes a picture. But very soon, the shoot degenerates. Each click of the camera sounds like a machine gun. No-one speaks; the editing is disrupted, and with it, the images, the spaces and the timing. The woman escapes. In an abandoned building, a man, as mute as she is, shrinks from her gaze. It is he that the film now follows: he explores a museum exhibiting the history of Africa, its suffering and its external interferences.
Matata draws up an inventory of Africa and the legacy of its representations. Speech is confiscated, and the man and woman wander without ever being able to vocalise the violence that they were witness to or victim of. Right from the outset, photography, and with it, cinema, are as much a predatory technique as an instrument of beauty: ethnographic documents filmed by the coloniser, or historical images of those who played a part in decolonisation, now dead and neutralised in museums…
Faced with this history of exploitation, bodies resist. When speech is absent, music takes the floor, and choreography invades the living spaces – a group of young men improvises a dance in a jeep that’s stopped at the traffic lights, an exploration of ruins becomes an intricate ballet between people looking for each other, and even an ancient ceremonial dance is reconnected with concealed history. Or how, with a reifying gaze, the possibility of becoming the subject is apparent once again."
(N.L. - FIDMarseille)

Distinctions