film-documentaire.fr | PORTAIL DU FILM DOCUMENTAIRE

img img
Confidences d'une Hitlerjugend
© Format 36
1/1
AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Laurent Marocco

IMAGE

Laurent Marocco

SON

Laurent Marocco

MONTAGE

Laurent Marocco

PRODUCTION / DIFFUSION

Format 36

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

Format 36, La Maison du doc

ISAN : non renseigné - en savoir plus
COMMENT VISIONNER CE FILM ?

Il était une fois… une histoire vraie. L’histoire vraie d’une petite fille perdue dans un monde de guerre où elle ne reconnait plus rien. Pendant la guerre le monde devient toujours un autre monde. L’histoire c’est celle de Sonia. Sonia a 10 ans. Elle vit en France et elle se croit française comme sa mère, la douce Flora.
Sonia est heureuse dans la petite maison du bord de la forêt de Chantilly où elle s’entraîne à devenir une grande artiste de cirque pour, un jour, ressembler à son père, Johannès. Johannès est allemand. Il a passé son enfance à Magdebourg près des grandes plaines de l’Oural, là, où sa famille élève des chevaux. Mais en 1923, il a fui l’Allemagne où la violence monte. Et en France, il l’a rencontré elle, Flora. Si petite et si brune alors que lui est si grand et si blond.
L’histoire de Sonia qui débute par la ronde des petits personnages d’une boite à musique bavaroise d’où s’échappe le refrain entêtant du film M le Maudit reprise à une main sur un piano d’enfant, est vite rejointe par une autre histoire qui, en filigrane, fait surface. Celle de Yola, jeune monitrice allemande du groupe des BDM, ce groupe des Jeunesses Hitlériennes que Sonia a été obligée de rejoindre. Puisqu’elle est allemande. Utilisant les codes du conte comme le fit la propagande nazie et les mêlant à ceux du film noir utilisés dans le premier long métrage parlant de Fritz Lang sorti en 1931, l’histoire de ces deux jeunes filles raconte des choses restées pratiquement invisibles aux yeux des historiens de cette période douloureuse. Mais n’est-ce pas, comme le symbolise en début de film l’œil du projecteur 8 mm, le rôle de la caméra d’aller sonder l’invisible ?
Alternant images poétiques de la vie douce d’avant-guerre des deux personnages féminins l’histoire avance jusqu’au dénouement déchirant : dans un monde jonché de cadavres, la loi des hommes s’est imposée, destructrice : le monde de Sonia ne sera plus jamais comme avant : Johannes n’obtiendra pas de la France le droit de revenir prendre sa place dans la petite maison près de la forêt de Chantilly.
Et le monde de Yola… ? Qu’est devenu le monde de Yola…? Sonia n’a plus jamais rien su de son amie allemande. Et dans une dernière lettre elle lui demande : "Et toi Yola, qu’es-tu devenue avec ton pays qui a perdu la guerre ?"
Oui… que sont-elles devenues ces milliers de petites filles allemandes embrigadées pendant 10 ans, 15 ans parfois… ? "On fait comme ça avec les enfants, on leur vide la tête…" a compris Sonia. Mais Yola… ? Qu’a pu comprendre Yola… ? Qu’ont-elles pu comprendre ces petites filles qui avaient juste à s’enfoncer dans le silence et à reprendre leur vie dans un monde de ruines où l’ennemi d’hier se disait l’ami d’aujourd’hui… ?