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Les Rendez-vous du samedi
Yellow Saturday
© Apsara Films
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AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Antonin Peretjatko

IMAGE

Antonin Peretjatko

SON

Antonin Peretjatko

MONTAGE

Antonin Peretjatko

PRODUCTION / DIFFUSION

Apsara Films

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

Apsara Films

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COMMENT VISIONNER CE FILM ?

"La diplopie "se définit comme un trouble fonctionnel de la vision qui se traduit par la perception de deux images pour un seul objet" (Clément Chéroux). Antonin Peretjatko installe littéralement à l’image ce phénomène de dissociation. Il marque ainsi un des enjeux des Rendez-vous du samedi : la perception du mouvement de protestation dit des Gilets Jaunes, séquence politique au très long cours et qui a nourri les médias, investis dans une bataille sur le terrain de la représentation des manifestants. La rue avait déjà sa place dans le fougueux La Fille du 14 juillet. Ici, elle est le creuset d’un pamphlet politique railleur et enlevé qui s’affirme comme un hommage au fond de l’air est rouge de Chris Marker. Si ce n’étaient quelques indices de notre temps (le gilet jaune et l’uniforme policier), Les Rendez-vous du samedi pourrait avoir été tourné dans les années 70. Effrontément, le film entremêle au récit des manifestations et de leur répression une ligne serpentine et badine qui retrace les amourettes de son personnage, Pierre Bolex (dont le nom prête à sourire). Nymphettes en mini shorts, James Bond Girls sur les toits de Paris : le male gaze parfaitement anachronique est trop ostensible pour être sérieux. Derrière ces femmes muettes surgies elles aussi de films des années 70, renvoyées à leur sexe, femmes à l’époque évincées de l’écriture de l’histoire insurrectionnelle, se devine une interrogation quant aux discours d’autorité qui déterminent la légitimité des figures en lutte et confisquent la parole à celles et ceux jugés indignes de porter des revendications politiques. Les Rendez-vous du samedi tisse deux temps qui semblent étrangers l’un à l’autre : les Gilets Jaunes et le temps suspendu des confinements successifs, pour mieux les inscrire dans une continuité politique. Alors, à l’insouciance schizophrénique et amnésique, surjouée et bouffonne, répondent un retour en images et un geste de cinéaste qui, parti filmé caméra 35 mm au poing ces rendez-vous du samedi, dangereux et plus enfiévrés que des retrouvailles amoureuses, use moins de la pellicule pour sa valeur esthétique que pour nous dire avec ferveur : "j’y étais"."
(Claire Lasolle - FIDMarseille)

"Diplopia “is a functional vision disorder that results in the perception of two images for a single object” (Clément Chéroux). Antonin Peretjatko literally brings this double vision to the screen. He uses it to tackle one of the issues approached in Yellow Saturday – the perception of the so-called Yellow Vests protest movement, a lengthy political episode that has fuelled the media in their field-based battle to portray the demonstrators. Streets were already featured in the fiery La Fille du 14 juillet. Here, streets are the melting pot of a mocking and spirited political squib, that doubles as a tribute to Chris Marker’s A Grin Without a Cat (Le fond de l’air est rouge). Were it not for a few clues about our time (the yellow vests and the uniforms of the police force), Yellow Saturday could have been shot in the 1970s. Audaciously, the film intertwines the account of the demonstrations and their repression with a serpentine and playful storyline about the fleeting romances of the protagonist, Pierre Bolex (a witty name indeed). Nymphets in hot pants, James Bond Girls on Paris rooftops: the anachronistic male gaze is too conspicuous to be genuine. Behind the women who look like characters in films from the 1970’s, who are mute, reduced to their gender and excluded from the writing of insurrectional history, the film endeavours to question the argument from authority that determines the legitimacy of demonstrators and prevents those who are deemed unworthy of political commitment from speaking. Yellow Saturday weaves together two seemingly unrelated timelines: the Yellow Vests and the suspended time of successive lockdowns, to better incorporate them into a political continuity. Then, the schizophrenic and amnesiac, overacted and farcical carefreeness meets the practice of a filmmaker who has filmed these Saturday meetings himself with a 35mm camera, these meetings which are more dangerous and feverish than any lovers’ reunion, not really for aesthetic purposes, but rather to tell us fervently: “I was there”."
(Claire Lasolle - FIDMarseille)

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