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Daniel Karlin
© Rémi Lainé / Daniel Karlin (à droite) et Tony Lainé, 1989
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Né en 1940, Daniel Karlin est issu de la 17ème promotion de l’IDHEC. Recruté par l’ORTF, il a d’abord travaillé aux côtés de quelques illustres pionniers de la télévision puis s’est fait un nom en signant des séries documentaires qui ont souvent suscité de vifs débats. En 1970, l’un de ses premiers films L’Usine est interdit d’antenne parce que jugé subversif. Son travail est découvert du grand public en 1974 avec son Portrait de Bruno Bettelheim. La série de quatre films marque l’entrée de la psychanalyse à la télévision. Il entreprend ensuite une collaboration avec le psychiatre Tony Lainé, avec qui il signe en 1977 Enquêtes sur la santé mentale d'un pays au-dessus de tout soupçon, ou La Raison du plus fou.

Nommé à la Haute Autorité de l’Audiovisuel, il met entre parenthèses son travail de cinéaste et revient en 1990 avec L'Amour en France avec Tony Lainé. La série fait la une, du Nouvel Obs qui l’encense au Figaro Magazine qui la qualifie de "Télé Cochonne". Karlin se lance alors dans une série sur la justice. Il est le premier à filmer les procès. Justice en France est d’abord diffusé sur La Cinq puis sur France 2. Les Enfants du Juge Véron, partie consacrée à la justice des mineurs, est distinguée du Sept d’Or du meilleur documentaire en 1992, année de la mort de Tony Lainé.

C’est en 1989 que Daniel me recrute dans son équipe. J’étais fait-diversier dans l’est de la France et Karlin recherchait un journaliste familier des questions de justice. En 1991, nous réalisons ensemble Mohamed Chara est en prison depuis 14 ans pour un crime qu’il n’a pas commis, récit-enquête sur une erreur judiciaire. Puis Daniel Karlin entreprend le premier feuilleton documentaire de la télévision française, les Chroniques de l'hôpital d'Armentières. Nous cosignons La Multinationale (deux fois 75’ ARTE – 1994) puis Du côté de chez nous dix fois une heure pour une plongée dans la vie quotidienne des Français (France 2 – 1995) où l’on suit notamment le milliardaire Serge Dassault à l’assaut de la mairie de Corbeil-Essonne et enfin Les Raisins de la colère sur la résistance à la précarité (France 2 – 1997).

En 1998, sur la base de faits-divers, Daniel Karlin raconte dans Quatre histoires de femmes la destinée extraordinaire de quatre femmes ordinaires (quatre fois 90’ France 2 – 1999). En 2000, il dresse le portrait croisé d’un homme accusé d’abus sexuels sur mineurs et de l’une de ses victimes dans Des enfants abusés (120’ France 2). C’est son dernier film pour la télévision. Son œuvre suivante Et si on parlait d’amour sort en salles en 2002.

Daniel Karlin est également écrivain, auteur d’une quinzaine d’ouvrages parus au Seuil, chez Albin Michel, Grasset, Cherche Midi, etc.

En 2011, il a obtenu pour l’ensemble de son œuvre le Prix Charles Brabant décerné par la SCAM.

(Notice rédigée par Rémi Lainé)


+ Portrait de Daniel Karlin par Marc Kravetz dans le n°41 de la revue "Astérisque" de la SCAM

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