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Guy Seligmann
© Rémi Lainé
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Né en 1939, Guy Seligmann est le fils de Jean Seligmann, antiquaire parisien fusillé par les Allemands en 1941 en réplique à une série d’attentats perpétrés par la Résistance.

Attiré très tôt dans les salles obscures par un frère aîné épris de comédies musicales américaines, il anime dès les années-lycée une radio, un club photo et un cine-club. Il se souvient d’y avoir présenté Nuit et Brouillard. En 1958 il intègre l’IDHEC.



À la faveur d’un stage, il débarque à Rome sur le tournage de La Giornata Balorda de Mauro Bolognini, scénario de Moravia et Pasolini. Il côtoie alors quelques grands noms du cinéma et reçoit les conseils de Roberto Rosselini qui recommande à la jeune génération de faire "la grande école du XXe siècle, la télévision".

Figure de l’ORTF dont il est l’un des représentants syndicaux (CGT) tout en restant proche du cinéma (il a pour habitude de dire le "cinématographe"), grand amateur d’arts et adepte d’une télévision inventive où l’on se joue des formes, il devient pionnier du mélange des genres en instillant dans ses œuvres les codes de la fiction, expérimente le docu-fiction (Mazamet, la ville rayée de la carte - 1975), et insuffle avant l’heure des inventions sur le mode des installations-video (Mattamorphoses – 1987). Il met un point d’honneur à mentionner dans ses génériques "réalisation Guy Seligmann", " … comme Alain Resnais qui considérait qu’un film n’est jamais l’œuvre d’un homme seul". À noter dans sa filmographie Vivre à Bonneuil (1974), sur l’École expérimentale dirigée par Maud Mannoni qui obtiendra le statut d’hôpital de jour après la diffusion du film. Réalisateur de documentaires scientifiques, il est notamment l’auteur de Les Particules élémentaires (1989) avec le Prix Nobel Georges Charpak.

Auteur prolifique à la longévité remarquable - pas moins de 677 occurrences sur le site Inamediapro -, il est aussi l’un des maîtres d’œuvre de quelques émissions-cultes comme Dim Dam Dom (revoir l’interview d’Ingrid Bergman par son complice Pierre Bouteiller - 1969), L’Invité du Dimanche, Écran Blanc et Rideau Rouge, Le Grand Studio (dont l’anthologique émission à quatre pianos et deux orgues avec aux claviers Ray Charles, Maurice Vander, Michel Legrand, Rhoda Scott - 1982), Les Repères de l’Histoire ou Parole de cinéaste.

En 1974, avec une poignée d’amis réalisateurs, Guy Seligmann entreprend de "trouver des moyens pour défendre [leurs] droits". Renonçant à rejoindre la SACD qui propose une condescendante sous-évaluation du documentaire par rapport à la fiction, ils trouvent, avec le soutien de l’avocat Georges Kiejmann, un argument juridique imparable pour contraindre l’ORTF à reverser des droits. Le droit d’auteur documentaire à la télévision est né : c’est la création de la SCAM que Guy Seligmann a présidé de 1991 à 1995, de 2009 à 2003 et de 2007 à 2011.

(Notice rédigée par Rémi Lainé)

+ Lire l'article "Scam : sa genèse avec Charles Brabant" - Site de la Scam
+ Lire l'article "Scam : son histoire depuis 1981" - Site de la Scam

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