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Jean Vigo
© D.R.
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Accusé de trahison, le père de Jean Vigo, l'anarchiste Eugène Bonaventure de Vigo, dit Miguel Almereyda, meurt en prison en 1917 dans des circonstances mystérieuses.

Le jeune Jean, né à Paris en avril 1905, passe son enfance dans la solitude, ballotté d'un internat à un autre.
Il s'inscrit à la Sorbonne et commence à s'intéresser au cinéma. Sa santé fragile l'oblige à effectuer des séjours en sanatorium à Font-Romeu entre 1926 et 1928.
En 1928, il s'installe à Nice et commence à travailler comme assistant opérateur aux studios de la Victorine.

L'œuvre de Jean Vigo est unique dans l'histoire du cinéma. Un seul long métrage, L'Atalante, mais qui influence de nombreux réalisateurs par sa vision originale du monde, notamment ceux de la Nouvelle vague française. Insolent et lyrique à la fois, mêlant l'étrange, la révolte et la tendresse, le style de Vigo fait de cet auteur maudit, souvent comparé au poète Arthur Rimbaud, l'un des précurseurs du surréalisme.

Nourrie par le destin tragique de son père libertaire et de son enfance tourmentée, l'œuvre de Vigo exprime le refus des discours préétablis et le rêve de justice.
En 1929, il tourne son premier court-métrage, À propos de Nice, pamphlet qui illustre sa théorie du "point de vue documenté". Remarqué pour ce premier coup d'essai, il participe au IIe Congrès international du cinéma indépendant de Bruxelles en 1930.

Grâce à Germaine Dulac, il obtient un contrat pour réaliser un court métrage documentaire sur le nageur Taris (1931).
En 1932, le comédien René Lefèvre lui présente Jacques Louis-Nounez, propriétaire d'une écurie de chevaux de course passionné par le cinéma. Ce dernier finance Zéro de conduite que Jean Vigo tourne d'après son expérience de collégien. Le film, mélange d'esprit anarchiste et de lyrisme poétique, est interdit par la censure jusqu'en 1945.

En 1933, Vigo tourne L'Atalante, œuvre iconoclaste au lyrisme contemplatif.
Le distributeur Gaumont rebaptise le film qui devient Le Chaland qui passe et en modifie le montage. Jean Vigo meurt en octobre 1934 sans pouvoir s'y opposer.

Son discours, personnel et neuf, sa vision singulière du monde, faisant fi des règles établies, inspira les cinéastes à venir.

Depuis 1951, le Prix Jean-Vigo, qui distingue souvent des jeunes cinéastes, et a été créé en l'honneur du réalisateur, est décerné à l'auteur d'un film qui se caractérise par "l'indépendance de son esprit et la qualité de sa réalisation".

(Source : Ciné-Ressources)

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