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Jean-Marie Drot
© Thierry Ledoux
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Né le 2 mars 1929 à Nancy, Jean-Marie Drot est un écrivain et un documentariste français. Concours général, École normale superieure, séjour d’études aux États-Unis.
Par l’intermédiaire de Jean d’Arcy, alors directeur de cabinet de François Mitterrand, ministre de l’Information, Drot est officiellement engagé comme assistant réalisateur de la première émission de télévision vaticane. Les émissions qu’ils réalisent sont constituées d’interviews de personnalités comme Rossellini, Visconti, Paul Claudel, deux ou trois rois africains convertis au catholicisme par les Pères blancs, des ministres, des actrices de la Comédie-Française et de vieux films muets de l’Istituto Luce, ancêtre de Cinecittà.
Il rentre de Rome avec le statut de réalisateur de documentaire pour la télévision,"avec la bénédiction de Jean d’Arcy".
Durant les années 1950, il réalise divers films sur l’art, qui ont pour cadre le continent européen, tel Les Enfants de Varsovie (1956), en collaboration avec Polanski, ou encore La Rome de Giorgio De Chirico (1957), avec l’artiste lui-même. (...)

(Source : ENS Lyon)

Les arts et la culture étaient le cœur palpitant de sa vie. Près de 200 films de Jean-Marie Drot, notamment ses séries documentaires Les heures chaudes de Montparnasse et Journal de voyage, constituent un patrimoine audiovisuel inestimable sur les grands artistes du XXe siècle : Brassaï, Chagall, Delteil, Duchamp, Giacometti, Kahnweiler, Malraux, Seghers, Zadkine…

Conseiller culturel auprès de l’Ambassade de France en Grèce et directeur de l’Institut français d’Athènes (1982-1984), puis directeur de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis, 1984-1994), Président de la Scam (1995-1999), dans chacune de ses fonctions, il n’a cessé d’œuvrer pour le droit d’auteur et le partage culturel, remède aux maux des nations et des peuples. Sa colère contre les hommes politiques qui ne prenaient pas le sujet au sérieux n’a jamais faibli. 

On ne peut pas évoquer Jean-Marie Drot sans parler de ce combat permanent qu’il résumait ainsi :

"Aucun des prétendants au trône, qu’il soit de gauche ou de droite, ne propose rien de sérieux pour définir clairement les responsabilités de l’État dans l’organisation et le financement du partage culturel au XXIe siècle.
Rien sur l’urgence de la réforme d’un service public audiovisuel qui, à quelques exceptions près, a renoncé à la plupart de ses missions et sombré dans une imitation médiocre de TF1, qu’accompagne une recherche systématique de l’audience et de la manne publicitaire.
Rien sur la précarité des intermittents.
Rien sur le formatage généralisé des émissions.
Rien sur la diffusion de plus en plus tardive des auteurs qui refusent l’insignifiance.
Rien sur la disparition scandaleuse des séries musicales, littéraires, artistiques, scientifiques, etc. Bref, rien qu’une soumission au dieu unique : le fric. Il nous faut continuer à nous battre car au cours de sa dernière intervention publique, devant l’Assemblée nationale, le 12 mai 1976, André Malraux a dit : "La meilleure loi sur les libertés serait peu de chose, si elle ne se rendait pas maîtresse du plus puissant instrument de liberté et d’asservissement qui ait été conçu par l’homme : la télévision
."" (...)

(Source : Communiqué de la Scam)

+ Hommage à Jean-Marie Drot par Antoine Perraud dans le n°53 de la revue "Astérisque" de la SCAM