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Carole Roussopoulos
© jph-daulte-photo.com
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Carole de Kalbermatten est née en 1945 à Lausanne. Elle passe son enfance à Sion et s’installe à Paris en 1967.

Deux ans plus tard, sur les conseils de son ami l’écrivain Jean Genet, alors qu’elle vient d’être licenciée par le magazine Vogue, elle achète l’une des premières caméras vidéo portables [...].

Avec son compagnon Paul Roussopoulos, elle fonde le premier collectif de vidéo militante, "Vidéo Out", et dès lors ne cesse de donner la parole aux "sans-voix", opprimé·es et exclu·es : "La vidéo portable permettait de donner la parole aux gens directement concernés, qui n’étaient donc pas obligés de passer à la moulinette des journalistes et des médias, et qui pouvaient faire leur propre information".

Le militantisme vidéo de Carole Roussopoulos s’inscrit dans le courant de contestation culturelle issu de mai 68. Tout au long de la décennie 70, dotée d’un sens aigu de l’Histoire, elle accompagne les grandes luttes qui lui sont contemporaines, livre une critique des médias, dévoile les oppressions et les répressions, documente les contre-attaques et les prises de conscience.

Caméra au poing, Carole Roussopoulos soutient les grèves ouvrières (six documentaires en trois ans sur les conflits Lip), les luttes anti-impérialistes (celles des Palestinien·nes, Black Panthers et autres mouvements de libération), homosexuelles (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire) et surtout féministes : les combats en faveur de l’avortement et de la contraception libre et gratuite dès 1971, la mobilisation des prostituées de Lyon en 1975, celle contre le viol, la lutte des femmes à Chypre et dans l’Espagne franquiste. [...]

Entre 1973 et 1976, Carole Roussopoulos enseigne la vidéo à la toute nouvelle Université de Vincennes.
En 1982, avec ses complices Delphine Seyrig et Ioana Wieder, elle ouvre le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir, premier centre de production et d’archivage de documents audiovisuels consacrés aux femmes [...].
À partir de 1984, au sein de Vidéo Out, elle poursuit son exploration de sujets ignorés (pauvreté extrême, sans-abris, toxicomanie, prisons, mort des malades) et commence sa série sur l’inceste, Le Tabou des tabous, dont le premier volet est sous-titré La Conspiration des oreilles bouchées (1988). [...]

En 1995, elle retourne vivre dans le Valais, près de Sion, et continue d’y travailler comme réalisatrice, défricheuse de terrains négligés : violences faites aux femmes, viol conjugal, combat des lesbiennes, excision, études sur le genre, mais aussi personnes âgées, dons d’organes, soins palliatifs, handicap. "Je me réveille le matin et je me dis : ça, il faut que ça s’arrête’’, expliquait récemment Carole Roussopoulos. "Ce qui m’intéresse, c’est d’avoir un petit levier d’action sur la réalité, en toute modestie, car je n’ai jamais pensé qu’une bande vidéo allait changer le monde. C’est la conjoncture, la rencontre de gens à un moment donné, qui fait bouger les choses. Et alors, l’image et mon énergie peuvent effectivement intervenir. C’est une question d’énergie, plus que d’esthétique. Et une question de colère, un mot que j’aime beaucoup. Je trouve que la colère est quelque chose d’extrêmement positif. C’est ce qui fait qu’on ne s’endort pas". [...]

Carole Roussopoulos, décédée en 2009, a réalisé et monté près de cent-cinquante documentaires, toujours dans une perspective féministe et humaniste, mue par la volonté constante de "faire comprendre que c’est un grand bonheur et une grande rigolade de se battre !" [...].

(Source : Site de l'auteure)

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