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Lauréat 2018 du Prix du producteur français de télévision
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© Little Big Story

Little Big Story est une société de production audiovisuelle française et basée à Paris, dédiée aux documentaires, aux formats longs et à l’international. Elle entend revisiter les modes narratifs en croisant les formes, les genres et les supports, afin de raconter des histoires qui mettent l’époque à nu. Little Big Story s’appuie sur l’idée que les petites histoires font les grands récits.

Little Big Story a tiré les leçons d’un marché émietté, et d’une révolution audiovisuelle en cours. Sa productrice, Valérie Montmartin, fait le pari d’un contenu à haute valeur ajoutée dans l’écriture et le style, l’accompagnement des auteurs, l’exigence cinématographique et la production des premiers films audacieux.
Cette démarche est fondée sur l’idée d’un (télé)spectateur-citoyen déjà nourri d’images et exigeant. C’est une démarche d’avenir, porteuse de projets ambitieux et de financements multiples. Little Big Story entend conquérir de nouveaux espaces et de nouveaux marchés dans un monde audiovisuel en mutation.
Par leur forme et leur fond, les projets visent des audiences larges, en France et sur le marché international.


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Trois histoires de production de Little Big Story :


La Rançon de Rémi Lainé

J’ai lancé Little Big Story en 2014 en misant tout sur le projet porté par Rémi Lainé La Rançon. Nous avons mis trois ans pour faire ce film.
J’avais déjà produit Rémi deux fois auparavant, avant la création de Little Big Story ; lui et moi, souhaitions prendre un risque fort, pour une histoire politique que tous (diffuseurs, producteurs, réalisateurs) nous disaient impossible à mettre en image. Rémi et moi – c’est aussi ça la constitution du couple producteur/réalisateur – étions persuadés que NOUS, ce couple fort, pourrions y arriver.

Little Big Story venait de se créer et j’ai décidé de mettre presque tout mon cash sur le développement du film. En parallèle, j’ai développé une stratégie sur le long terme : intégrer Eurodoc (formation européenne pour les producteurs) avec le projet et lui donner une visibilité internationale au fil des mois en le faisant concourir dans les sessions de pitchs européens.
En France, Arte France était ma priorité, mais je savais que pour convaincre, il fallait impérativement développer le film et être en mesure de "garantir" la présence des négociateurs et des assureurs des prises d’otage dans le film, ainsi que de garantir le suivi d’une histoire qui se déroulerait pendant le tournage. C’était le plus difficile, et le plus cher en terme d’investissement.

Nous avons investi dans des repérages aux quatre coins du monde. C’était financièrement très risqué car Little Big Story était une nouvelle société et elle ne remplissait aucun des critères pour bénéficier d’aides publiques (françaises et européennes) ou privées dans la phase de développement.
Mon rôle était très proche des producteurs anglo-saxons sur ce projet. Je me suis rendue à plusieurs reprises dans les pays où Rémi et moi devions négocier avec des négociateurs ! J’ai accompagné Rémi au Vénézuéla, au Danemark, à Londres.... Il s’est rendu également aux USA et à Singapour en repérages.

Eurodoc a sélectionné ma candidature qui s’appuyait sur le projet. Puis le projet a été sélectionné au pitch du FIPA Industry, au Meetmarket de Sheffield, et au pitch central de l’IDFA (Amsterdam), le plus important pitch européen.
Java Films, notre distributeur, était également au soutien.

Nous avons convaincu Arte France pour un film en 90 min, et une dizaine d’autres diffuseurs en pré-achat et en coproduction (RTBF, Stenola Productions). Nous avons obtenu le soutien du CNC, de la Procirep-Angoa, de la Fédération Wallonie Bruxelles, de Media Creative... et réuni 661.000 euros pour la production du film.

La production fut totalement rock’n roll et rocambolesque. Nos deux négociateurs principaux nous lâchèrent après plusieurs mois de tournage : l’un exigeant un million de dollars, l’autre nous obligeant à annuler le voyage au Nigéria pour la cinquième fois. En tout, nous avons dû organiser sept sessions de tournage au Vénézuéla, sachant que pour le film, Rémi s’est également rendu en Côte d’Ivoire, en Somalie, en Lituanie, au Danemark, aux USA à plusieurs reprises, en Grande-Bretagne et à Singapour...

Avec ce film, Rémi Lainé a réussi une prouesse : raconter une histoire en zone grise, lui donner une force politique, rendre cette histoire accessible par un thriller très stylisé.


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L'Empire de l'or rouge de Jean-Baptiste Malet et Xavier Deleu

Jean-Baptiste Malet m’a été envoyé par Fayard. Il avait 26 ans, et s’apprêtait à démarrer l’enquête de son troisième
livre L’Empire de l’or rouge, une enquête globale sur la naissance de l’industrie agro-alimentaire à travers l’histoire de la tomate d’industrie et de son concentré. Jean-Baptiste n’avait pas les moyens de la financer, son éditeur ne voulant pas prendre de risques, il laissa l’auteur seul récipiendaire de ses droits audiovisuels. C’est ainsi que je pris en main le projet, fascinée par ce jeune auteur passionné d’économie politique, et je décidais de nancer l’enquête par le développement d’un projet de documentaire permettant ainsi au livre d’exister.

Après deux ans passés en développement, j’obtins le feu vert de Fabrice Puchault pour Infra Rouge sur France 2. Nous décidions alors d’un commun accord de choisir un co-réalisateur expérimenté pour accompagner Jean-Baptiste. Xavier Deleu, excellent réalisateur d’investigation et très bon chef opérateur vues, devint le partenaire idéal. Le projet fut également sélectionné au pitch du Sunny Side of the Doc dans la catégorie Global Issues.

Pour solidifier le budget d’un film qui nécessitait de voyager aux USA, au Canada, en Italie (Sud et Nord), en France, au Ghana et en Chine (dans plusieurs régions et à Pékin), qui exigeait également archives et animation, nous avons choisi un partenaire canadien (PVP Group) en coproduction (avec TV5 Canada Québec).
Pour les pré-achats, Java Films, notre distributeur, nous a aussi accompagné avec un MG.

Le film a réussi son pari : une presse dithyrambique et un succès d’audience sur France 2.

Je produis le nouveau film de Jean-Baptiste Le Monde selon Amazon pour France 5 et Radio Canada, déjà sélectionné au pitch de Docs in Thessaloniki et au Hot Docs Deal Makers à Toronto.

L’Empire de l’or rouge a été pré-acheté par RTS, RTBF, Yes Docu. Et vendu à ce jour à la RAI, la ZDF, Al Arabiya, Fokus Pologne, RTVS (Slovénie), RSI (Suisse), ORF.


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Numéro 387 de Madeleine Leroyer

Numéro 387 est à la fois la naissance du projet le plus ambitieux de Little Big Story mais aussi celle d’une réalisatrice en devenir, au potentiel énorme, Madeleine Leroyer.
Il s’agit là d’un premier film. C’est le troisième que je produis en trois ans, après Le Choix d’Oleg et L’Empire de l’or rouge. C’est aussi mon film préféré, tant par sa conception que par son contenu.

Madeleine Leroyer intégre en mars 2018 le programme américain de soutien aux réalisatrices du monde entier Chicken & Egg Pictures. C’est la reconnaissance de son investissement total pour ce film et le message qu’il va délivrer. Depuis le début du développement, qui a duré deux ans et quelques mois, et que nous sommes parvenus à financer, j’ai accompagné Madeleine non seulement pour qu’elle puisse mûrir son film mais aussi pour qu’elle puisse devenir une réalisatrice ambitieuse.

Tout est parti d’un échange téléphonique.
Madeleine, été 2016 : "Je voudrais réaliser un film anthropologique sur la question des migrants morts en Méditerranée".
Moi : "Ben, moi aussi. Mais tout le monde veut le faire. Nous, on va trouver l’histoire".
Je connaissais bien Madeleine. J’avais produit, lorsque je dirigeais Ligne de Mire Production, son premier 52’ comme auteure et journaliste Les Nouveaux Goulags (France 2, Public Sénat, réalisé par Elise Ménand). Journaliste correspondante en Russie, elle avait enquêté dès son arrivée à Moscou, quatre plus tôt, sur les prisons de Mordovie et surtout sur les détentions arbitraires. Elle avait rapporté une matière et des témoins exceptionnels. Elle était depuis rentrée en France, s’était installée à Nantes et souhaitais devenir réalisatrice. Elle m’informa au retour des congés d’été qu’elle venait d’identifier plusieurs personnages intéressants, dont Pavlos, un médecin légiste grec qui avait initié, seul et sans moyen, l’identification de migrants disparus.
Cette première piste fut la bonne et je décidais de financer le développement du film, centré autour de la question de l’identité.
Je souhaitais aussi que Madeleine affûte son point de vue, et je l’incitais fortement à intégrer la formation des Ateliers Varan. Ce qu’elle fit. Durant toutes les étapes du développement, notamment lors de la découverte des travaux de médecine légale sur les morts du naufrage du 18 avril 2015 à Melilli en Sicile, qui deviendra alors l’histoire centrale de notre film, Madeleine a fait preuve de courage et d’obstination. Elle a aussi fait preuve d’une intelligence hors norme.

Pendant deux ans, le développement s’est construit sur la base de nombreux repérages (Italie, Sicile, Grèce, Suisse) et de longs travaux d’écriture qui ont permis l’obtention de l’aide à l’écriture du CNC, de l’aide au développement de la Procirep-Angoa, de l’aide au développement de la région Pays de la Loire et de l’obtention de Media Développement en single.

Ces travaux préparatoires ont également permis au film et à l’équipe d’être sélectionnés dans un nombre considérable de sessions de pitches internationales : l’IDFAcademy, Docs in Thessaloniki (Best Pitch), Hot Docs, Meetmarket de Sheffield, Sunny Side of the Doc (La Rochelle) et Nordisk Panorama à Malmö. Le film a aussi béneficié d’un Workshop dédié à la stratégie outreach organisé par EDN. Enfin, le projet est l’un des 9 projets du fonds américain Chicken & Egg Pictures qui défend les jeunes réalisatrices du monde entier ce qui favorise son éligibilité dans de nombreux fonds américains comme Sundance Film Institute, Cinereach et Fork Films.

Nous avons eu la chance d’être largement soutenues par Alex Szalat et Rachel Adoul (Arte France) pour ce projet.
Nous avons aussi embarqué nos camarades de Stenola Productions dès le développement.
Nous avons depuis convaincu la RTBF d’entrer aussi en coproduction, et obtenu le soutien de la Fédération Wallonie Bruxelles. La productrice italienne Enrica Capra et sa société GraffitiDoc ont aussi rejoint le projet pour une coproduction avec la RAI.
À ce jour, le film a été pré-acheté également par Public Sénat, RTS, YLE, ERT, Current Time TV, EO, DR, VGTV, RUV, SVT, TV Ontario, Al Jazeera.

Avec ce film, nous souhaitons marquer les esprits internationaux. Nous voulons que le film impacte et permette la nomination d’un haut commissaire aux personnes disparues en Méditerranée (ONU).
Le tournage est difficile car il s’effectue dans de nombreux pays (Italie, Sicile, Grèce, Sénégal, Mali, Mauritanie, Suisse, Libye) et les travaux de Cristina Cattenao, la médecin légiste en chef, basée à Milan, sont longs et fastidieux, mais nous savons que nous tenons la grande histoire anthropologique que nous souhaitions, portée par des personnages exceptionnels d’humanité.


Valérie Montmartin, productrice à Little Big Story


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