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Yann Le Masson
"[...] Comme beaucoup de fils d'officiers de Marine, Yann Le Masson passe sa jeunesse dans différents ports, au gré des affectations de son père (rigide et d'extrême droite) : Brest, Vannes, Toulon, Dakar. Après de solides études mathématiques puis d'ingénieur électricien, il entre à l'Ecole de cinéma de la rue de Vaugirard, avant l'IDHEC dont il ressort avec une formation et un diplôme de chef-opérateur de courts métrages, en 1955. Mais comme tous les jeunes gens de sa génération, Le Masson est rattrapé par la guerre d'Algérie. Et il s'enfonce dedans, tête la première et pieds devant, comme officier parachutiste, d'août 1955 à avril 1958. Et comme beaucoup de cinéastes militants de sa génération, l'Algérie et la guerre ne le quittèrent jamais tout à fait. Au sortir du conflit, traumatisé, Yann Le Masson se promet de protester par les moyens de son art contre les guerres coloniales et d'aider concrètement le FLN algérien - ce qu'il fit efficacement, entre autres en transportant des armes dans le faux plancher d'une caravane familiale.
Ainsi, Le Masson signe la belle image d'un court métrage du cinéaste marseillais Paul Carpita, La récréation (1959), film humaniste évoquant les sacrifices inutiles de la guerre coloniale. En 1961, comme réalisateur cette fois, Yann Le Masson tourne en Tunisie avec Olga Poliakof, J'ai 8 ans, émouvant et efficace réquisitoire, simplement constitué de dessins d'enfants algériens réfugiés qui témoignent en off des exactions de l'armée française. J'ai 8 ans fut interdit durant dix ans sur le territoire national… Mais le colonialisme français fut encore l'une de ses cibles, à La Réunion cette fois : Sucre amer (1962), lui aussi, fut interdit pendant dix ans en France. [...]" Tangui Perron (lire la suite sur peripherie.asso.fr)
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Débat avec Yann Le Masson au Cinéma du réel en 2010
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Wang Bing
Wang Bing est un réalisateur chinois né en 1967, cinéaste de la génération de Tian’Anmen. Formé par l’Académie du Film de Pékin, il a d’abord travaillé comme photographe sur des tournages de films documentaires institutionnels, avant de s’engager dans un projet qui fera date dans l’histoire du cinéma documentaire. Entre 1999 et 2003, il s’installe dans la ville industrielle de Shenday et, sans aucune assistance, il filme la disparition d’un monde, celui de la Chine du plan quatriennal, de l’industrie lourde. Wang Bing nous livre ainsi un documentaire de neuf heures que l’on regarde fasciné comme un feuilleton sur la fin d’un monde. Le film portera le titre À l’ouest des rails, du nom du quartier dans lequel la plupart des scènes ont été filmées. En 2008, Wang Bing présente à Cannes un nouveau film hors compétition : Fengming, chronique d’une femme chinoise. Wang Bing y continue son travail de mise en images de ce que les autorités chinoises ne peuvent ni dire ni faire. Pendant trois heures, avec une grande tendresse, Wang Bing filme cette femme qui livre les souffrances d’une personne considérée comme droitière dans les années 60 et condamnée comme intellectuelle au plus fort de la révolution culturelle. En 2009, Wang Bing a réalisé L’Argent du charbon, qui présente la situation des chauffeurs routiers du Shanxi lorsqu’ils font la route vers le port de Tianji. Là aussi ce voyage est un prétexte pour nous montrer la Chine réelle, celle des prostituées, de la corruption opérée par les flics de la route, de la folie ordinaire rencontrée par ces chauffeurs qui roulent sans presque jamais dormir. L’Homme sans nom, en 2010, est venu enrichir la filmographie de Wang Bing dans sa recherche de la Chine des marges et des exclus. Il y filme un seul personnage, celui qui n’a pas de nom, restant toujours à sa hauteur, comme si la caméra, et derrière elle réalisateur et spectateurs ne devaient chercher nulle autre réalité que celle que nous propose L’Homme sans nom. En 2011, Wang Bing a présenté pour la première fois un film de fiction, Le Fossé, tourné entièrement en clandestinité dans le désert de Gobi par -30°. Le Fossé raconte le goulag chinois des années cinquante, un camp où trois milles personnes furent déportées et d’où 500 seulement reviendront. Wang Bing utilise toute la rigueur documentaire pour décrire cette réalité. Le film sera projeté en sélection officielle à la Mostra de Venise où il a obtenu une mention spéciale du jury. Depuis, Wang Bing est confronté à la menace permanente d’une interdiction de tournage pendant cinq ans pour avoir sorti ce dernier film clandestinement de Chine. À ce jour, bien que la condamnation ait été prononcée, elle n’a pas encore été officiellement notifiée au réalisateur. (texte tiré de la présentation de Wang Bing par l'Université Paris 8)
Filmographie
"Regarder Wang Bing : Où va le cinéma ?" Cycle de conférences par le Centre Pompidou, 2008
Interview de Wang Bing, Robert Koehler, 2007 (anglais)
Dossier à la Bibliothèque du Film
Analyse de "À l’ouest des rails", Ciné-Club de Caen
Wang Bing à propos de "He Fengming", FID Marseille,2007
Interview Jérôme Baron (Festival 3 continents) sur "Crude Oil", 2008
Article sur "L’Argent du charbon", Brigitte Duzan, 2009
Article sur "L’Homme sans nom", Cédric Mal, 2011
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À l'Ouest des rails
2004 - Chine - 556 minutes
Décembre 1999. Dans un paysage enneigé, un train traverse la ville de Shenyang, dans le quartier de Tie Xi avant de s'enfoncer dans le complexe industriel du même nom où coexistent hauts-fourneaux et usines de transformation (…) |
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Fengming, chronique d'une femme chinoise
2007 - Chine, France - 230 minutes
C’est le long récit des peines endurées par une survivante de ce qu’il faut bien appeler les persécutions de l’ère maoïste. (…) |
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Crude Oil
2008 - Chine - 840 minutes
Documentaire de 24 heures : une journée de travail dans un champ pétrolifère chinois ; d'une sieste volée dans une salle de repos jusqu'au creusement des puits. |
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L'Argent du charbon
2009 - France - 53 minutes
Mines du Shanxi, des chauffeurs au volant de camions de cent tonnes attendent leur tour pour charger le charbon d'une mine à ciel ouvert. Ils négocient ensuite le prix de leur chargement pour obtenir le précieux papier qui leur permettra de quitter les routes défoncées aux alentours et de gagner le lieu de leur choix pour vendre leur cargaison… |
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L'Homme sans nom
2009 - Chine, France - 92 minutes
Wang Bing fait le portrait d'un vieil hermite nomade, sorte de Diogène Chinois en rupture complète avec la société. Sans le faire parler, il suit son errance à travers les paysages désolés de la campagne chinoise, portant sa maison sur son dos, dormant dans des grottes, volant de la nourriture dans les champs… |
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