Le Barroso est une région isolée du Portugal où l’on continue à vivre, au rythme lent des troupeaux et des saisons. On assiste là-bas aux derniers souffles d’un mode de vie ancestral. Chacun sait que c’est bientôt la fin et tire en secret les mailles de souvenirs épars. La mémoire résiste, le décor fait office de miroir. En nous rappelant ce que nous étions, il nous renvoie aussi à ce que nous sommes devenus.
Frederick Wiseman : leçons de montage et de cinéma
Entretien réalisé par Emmanuel Dejoux et Cédric Mal du Blog documentaire :
"Le cinéaste américain nous a consacré un peu de son précieux temps alors qu’il travaillait au montage de son prochain documentaire consacré à l’université de Berkeley, tout en imaginant un futur tournage en Grande-Bretagne… Il nous a reçu chez son coproducteur parisien, Ideale Audience, le 7 octobre 2011. Notre discussion a d’abord porté sur Crazy Horse avant de se concentrer ensuite sur l’art du montage."
"Dix ans après avoir filmé Sean Sellers, un condamné
à mort de 29 ans exécuté en 1999, j’ai retrouvé en Oklahoma les
familles de ses victimes, son avocat, ses amis et même ses bourreaux.
Quel est l’impact de la peine de mort sur le long terme ? Un sombre
road-movie entre passé et présent."
Le film nous emmène de la Provence à Paris,
de Rio de Janeiro aux Etats-Unis, en Israël et Jérusalem à la
découverte de la vie et de l’œuvre de Darius Milhaud, l'un des
compositeurs les plus originaux du XXe siècle.
"Rassembler aujourd'hui D'est, Sud, De l'autre côté et Là-bas, est en quelque sorte honorer l'évidence d'un lien : rapprocher ces œuvres, en permettre les visions successives, est un geste qui leur appartient déjà. Mais cette évidence ne doit pas masquer le fait simultané d'une séparation, manifesté par les longs intervalles entre chacune des réalisations et l'absence de formulation d'un projet global." Cyril Béghin
Un film de Elisabeth Coronel, Arnaud de Mezamat et Florence Gaillard
Déportée à l’âge de treize ans, Simone
Lagrange est une survivante d’Auschwitz-Birkenau et l’un des témoins
majeurs du procès Barbie. Le film recueille aujourd’hui son récit.
Corsica.Doc - Festival international du film documentaire d'Ajaccio
Corsica.Doc fête son cinquième anniversaire en ramenant "les marges" au centre de la scène. "Il n’y a de vie que dans les marges", écrit justement Balzac. Ce sont ces marges vivaces filmées par les cinéastes qui éclaireront notre festival 2011. Place aux peuples en colère, aux artistes indépendants, aux hommes libres. Le cinéma du réel est aussi un cinéma de l’enchantement. Un cinéma de l’enchantement du réel, parfois envers et contre tout. Pour preuve, un film d’ouverture, Ceci n’est pas un film du cinéaste iranien condamné dans son pays et 24 autres films qui font surgir une beauté troublante cachée dans les replis étranges de la réalité contemporaine.
Né avec le cinéma, le documentaire représente tout un pan de la création et du patrimoine cinématographique ; il témoigne d’une "approche du réel de l’existence humaine". Ordre du monde, ordre des choses. Pourtant sans cesse, l’homme invente sa vie et Traces de Vies aiguise son attention à repérer le moindre signe de cette création permanente. Le social se tisse aussi de toutes ces dignités, individuelles ou collectives, que le cinéma documentaire excelle à sortir de l’indifférence.
"Qu’elles découlent de faillites et/ou de déficiences patronales, les prises en charges d’entreprises par leurs salariés ne datent pas d’hier. Elles ont connu en Argentine un développement spectaculaire après la crise financière, économique, politique et morale de 2011. "Grissinopoli" illustre les différentes phases (de l’occupation à la gestion) qui transforment une usine de Buenos-Aires en coopérative. Parallèlement, le film témoigne des combats menés auprès des institutions pour légitimer cette mutation. Traité exclusivement en cinéma direct, ce film nous plonge au cœur des évènements et nous fait d’autant mieux ressentir la variété et la complexité des expériences humaines mises en jeu." Jean-Louis Berdot
En présence de Jean-Louis Berdot et Maxime Quijoux.
Traversé par un mur de 2400 km construit par l’armée marocaine, le Sahara occidental est aujourd’hui découpé en deux parties, l’une occupée par le Maroc, l’autre sous contrôle du Front de Libération du Sahara occidental (Polisario). À partir de récits de fuite et d’exil, d’interminables attentes, de vies arrêtées et persécutées, venus des deux côtés du mur, ce film témoigne sur le peuple sahraoui, sur son territoire, sur son enfermement dans les rêves des uns et des autres.
Ce film vient d'obtenir le Prix spécial du jury de DocLisboa et le Grand prix du festival de Jihlava - Meilleur documentaire international.
Le dispositif imposé par le cinéma, celui d’un regard qui regarde pour être regardé, met en relation trois corps au statut très différent : celui du filmeur en prise direct avec sa réalité et celle du monde pour réaliser son objet ; celui du filmé dont l’existence réelle va se transmuer en existence virtuelle ; et celui du spectateur qui s’absente du monde pour entrer dans celui qu’on lui donne à voir. De ce chassé-croisé de regards, de ce jeu de cache-cache entre l’illusion et réalité, de ces dispositifs multiples, quels stratagèmes stylistiques ont emprunté certains réalisateurs (documentaristes en particulier) pour enrichir nos manières de voir, de se voir? Quelles connexions avec notre corps existentiel ? Que tirer de ces expériences et de ces imprégnations d’images, pour quel conditionnement, quelle libération, quelle soumission, quel affrontement ?