"Le rendez-vous incontournable des professionnels du documentaire tient sa 23ème édition du 26 au 29 juin prochain à La Rochelle, avec solidité.
Plus que jamais, Sunny Side est un - sinon le - moment central dans l’année pour les professionnels français (diffuseurs, producteurs, organisations professionnelles, institutions, média). Ce rendez-vous international et qui le reste incontestablement, grâce entre autres à la dynamique créée par l’Asian Side et le Latin Side of the doc depuis trois ans, a aussi de plus en plus une "fonction française" cruciale pour la production."
"Nouvel an 2010. Cela fait déjà neuf ans
qu’elle n’a pas revu son fils. "Mon fils viendra vers cette Terre
promise. Oui… Mon fils viendra vers cette Terre promise." Elle ne perd
pas espoir."
Jéro Yun fait partie des 6 réalisateurs de la résidence Cinéfondation du festival de Cannes du 1er mars au 15 juillet 2012 où il développe son projet de long-métrage "Secret de mon père nord-coréen".
Une semaine avec Alain Cavalier. Hôtel Claret, chambre 310, confidences d’un filmeur
"Alain Cavalier, lors de la rétrospective qui lui a été consacrée à la Cinémathèque Française du 26 avril au 9 mai, a accepté que l’équipe de "Hors-Champs" puisse le rencontrer au début, en cours et à la fin de sa rétrospective. Il voulait s’assurer par lui-même qu’il était capable pour la première fois de sa vie de voir ses propres films et de voir comment, lui, réagirait par rapport à son travail et comment les spectateurs réagiraient par rapport à des films qu’il n’a jamais eu le courage de revoir."
Tout commence en 1971, lorsque le gouvernement, par la voix de son Ministre de la défense Michel Debré, déclare que le camp militaire du
Larzac doit s’étendre. Radicale, la colère se répand comme une trainée
de poudre, les paysans se mobilisent et signent un serment : jamais ils
ne céderont leurs terres.
Ce film a obtenu le César 2012 du meilleur documentaire.
"The Ballad of Genesis and Lady Jaye"
retrace l'histoire hors norme de l'artiste Genesis Breyer P-Orridge et
de sa femme et partenaire artistique, Lady Jaye, qui par amour ont
décidé de se fondre en une seule entité. Artiste majeur de l'avant-garde new-yorkaise de ces 30 dernières années,
considéré comme l'un des pères de la musique industrielle, Genesis a
défié les limites de l'art et de la biologie.
Peut-on parcourir le cinéma français
contemporain du point de vue de l'identité de genre ? Telle est
l'ambition de ce film qui recueille les témoignages des principaux
acteurs de l'hexagone dans la représentation des homosexualités à
l'écran : André Téchiné, Catherine Corsini, Gaël Morel, Olivier Ducastel
& Jacques Martineau...
Nass El Ghiwane est un groupe de musiciens
marocains formé dans les années 70 au cœur de l’un des quartiers pauvres
de Casablanca. Mêlant grands thèmes traditionnels et incantations
laïques, leur musique puise dans le creuset de la culture populaire.
Ce film fait partie d'un coffret de 4 DVD restaurés par la World Cinema Foundation.
En saris ou en jeans, décolletées ou
voilées, douze femmes participent à "l’atelier de la désobéissance"
proposé par la créatrice de mode Sakina M’sa. Inspirées par les
peintures du Petit Palais et incitées par la styliste à se rebeller
contre "le convenu", elles transforment de vieux habits pour réaliser
une exposition dans le prestigieux musée.
"Le cinéma britannique est méconnu en France. Le cinéma documentaire est méconnu partout. À ces deux – déjà très bonnes – raisons pour faire une programmation autour du cinéma documentaire britannique, s’ajoute une troisième, l’occasion que présente l’exposition du photographe anglais Chris Killip mis à l’honneur au BAL. Le travail de ce dernier se distingue par un esprit de recherche sociale et un souci éthique de représenter la vie quotidienne des classes populaires sans en faire de simples "sujets" ethnographiques. En même temps, Killip est un artiste faisant preuve d’une haute exigence formelle, inspiré par le désir d’un rendu plastique à la hauteur de la splendeur du réel. Or ce sont exactement ces qualités éthiques et esthétiques que nous trouvons dans le documentaire britannique. Car le documentaire doit être autant un terrain d’exploration formelle et d’expérimentation technique, qu’un outil d’investigation socioculturelle et parfois un instrument d’expression politique."
Le BAL
Séances au Cinéma des cinéastes chaque samedi à 11h.
"Chants de libération, hymnes révolutionnaires, mélopées de la révolte qui gronde... Tout au long de ces décennies, des cinéastes ont scruté les soubresauts de l’Histoire en accordant leurs films au rythme du chant révolutionnaire : l’apartheid en Afrique du Sud, Mai 68 et les mouvements ouvriers en France, le mouvement pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis, la guerre d’indépendance au Mozambique, la grande grève des mineurs en Angleterre... Dès 1930, Dziga Vertov donne le "La" avec "Enthousiasme" ou "La Symphonie du Donbass", premier film sonore soviétique, où la musique figure à la fois comme expression de la lutte des peuples et expérimentation formelle. Car il s’agit de lutter sur deux fronts : politique et esthétique. Qu’ils prennent parti de l’intérieur ou qu’ils aillent respirer ailleurs l’air de la révolution, comme les Brésiliens Celso et Luccas au Mozambique, l’Américain Rogosin en Afrique du Sud, Agnès Varda chez les Black Panthers ou le Hollandais Johan van der Keuken, du Ghana au Surinam, au son de l’héritage colonial des fanfares de cuivres (Brass Unbound), les cinéastes creusent le double héritage vertovien." Lili Hinstin, Documentaire sur grand écran
"Deux films, deux pays, deux femmes. La Guinée et la Flandre, l’Afrique enchantée et le plat pays, la couleur et le noir et blanc, une jeune femme flamboyante et une vieille dame butée… Mais une obstination commune, une même véhémence à s’approprier un lieu auquel on n’a pas ou plus “droit”, à le faire sien envers et contre tout. Certaines personnes habitent les lieux. Littéralement. Obstinément. En dépit des diktats économiques, des aléas de l’histoire, des injonctions à quitter le territoire… Dans les films de Franssou Prenant et Tom Fassaert ici mis en regard, deux femmes mettent toute la force et la conviction de leur petite personne à faire leur les lieux qu’elles ont élus. Rejoignant là le chant de refus d’un René Char : “Et je demeure là comme une plante dans son sol bien que ma saison soit de nulle part”." Annick Peigné-Giuly, Lili Hinstin
"Le cinéma cadre les corps. Et l’histoire du cinéma pourrait se raconter comme le désir de ces corps d’être cadrés – mais aussi comme leur résistance à se soumettre tout entiers à la discipline du cadrage. Car le cadre est une pression que le corps filmé désire mais aussi subit. Les bords du cadre, qui séparent le visible du non-visible, sont les agents de cette lutte des corps dans les cadres. Entrant et sortant du cadre, le corps filmé affirme les enjeux du hors-champ. Il s’agit donc de reprendre l’histoire du cinéma comme histoire politique au plus près des corps, de leur soumission ou de leur liberté. Du corps acteur comme du corps spectateur : l’un et l’autre invités à la liberté du hors-champ, à ne pas tout céder à l’empire du spectacle. Jean-Louis Comolli prolonge la remise en jeu de l’histoire du cinéma entamée dans "Voir et pouvoir" et réunit dans "Corps et Cadre" ses textes critiques et théoriques parus entre 2004 et 2010." Editions Verdier