“On le sait (le sait-on ?), les frontières du genre documentaire se sont passablement modifiées ces derniers temps. C’est à assouplir ses tracés, à effacer ses limitations, à les faire gagner en porosité que le FID œuvre depuis désormais de nombreuses années. Pour quelles raisons ? Par inconséquence puérile ? Pour le plaisir du brouillage ? Certainement pas. Par fidélité, tout au contraire, avec le réel devant lequel le documentaire a choisi de s’émerveiller. Par souci de justice aussi : pour faire droit aux hétérogénéités, au dissemblable, au luxe de la multiplicité, à l’intelligence de la découverte, à l’émotion devant l’inconnu. Voilà la tâche du cinéma documentaire : inventer à chaque situation la meilleure traduction cinématographique d’une langue, d’une réalité jusque-là inouïes. Cela exige rien moins qu’un art : l’art du témoignage. Et cet art ne saurait, sans faillir, se priver d’aucune ressource. Que ces ressources lui viennent du cinéma, de ses techniques et de son histoire, qu’elles lui viennent des arts, des sciences ou des aventures politiques, seules comptent la justesse et la pertinence de la traduction. Multiplier ces traductions afin d’augmenter notre affinité avec les choses de ce monde, tel projet, on l’aura compris, est un chantier en cours, ouvert et réjouissant."
Raymond Depardon et Claudine Nougaret sur France Culture.
Michel Ciment reçoit dans son émission du 16 juin "Projection privée" Raymond Depardon et Claudine Nougaret pour leur film sorti en salles le 13 juin "Journal de France".
Mafrouza est un quartier périphérique
d’Alexandrie en Egypte. Caché aux regards, entre des HLM et le port
industriel, ses habitants l’ont construit depuis 30 ans sur les vestiges
de la nécropole gréco-romaine. La vie matérielle y est pauvre et difficile. Pourtant ce quartier est un
étonnant espace de vitalité et de liberté. Ses habitants ont une
incroyable force de vivre, une sorte de folle aptitude au bonheur, qui
défie et transforme leurs conditions d’existence.
Le Caire, février 2011. Elsayed, Noha et
Ahmed sont de jeunes Égyptiens qui font la révolution. Ils occupent la
place Tahrir jour et nuit. Ils disent, crient, chantent, avec des
milliers d'autres Égyptiens, ce qu’ils n’ont pas pu dire à voix haute
jusqu'ici. Les répressions sanguinaires du régime attisent la révolte : à
Tahrir on résiste, on apprend à discuter et à lancer des pierres, à
inventer des slogans et à soigner les blessés, à défier l’armée et à
préserver le territoire conquis — un espace de liberté où l’on s’enivre
de mots.
Un tueur à gages se confie : il a tué des
centaines de personnes, est expert en torture et kidnapping et il a été
officier de police dans l’état du Chihuahua, Mexique. Il a même été
entraîné par le FBI. Il a vécu à Juárez et s’est déplacé librement entre
le Mexique et les États Unis. Aujourd’hui, il est en cavale et sa tête
est mise à prix à 250 000 dollars. Pourtant, il est libre et n’a jamais
été condamné.
Plus de 350 œuvres concouraient pour cette 7e édition des Étoiles de la Scam. Le jury présidé par Marcel Trillat, était composé de Clarisse Feletin, Laurence Petit-Jouvet, Sylvain Roumette et Vassili Silovic. Avec ses Étoiles, la Scam met un coup de projecteur sur 30 œuvres de télévision noyées dans l’océan des programmes. Chaque Étoile est dotée de 4.000 euros, soit 120.000 euros de dotation. Au-delà des œuvres et des auteurs récompensés, ce palmarès est également l’occasion de dresser un bilan annuel de la place de la création documentaire sur les chaînes de télévision.
Les 30 Étoiles seront programmées au Forum des images le dimanche 28 octobre en présence de leurs auteurs.
"Ce numéro d’IMAGES documentaires est consacré au cinéaste espagnol José Luis Guerin dont l’œuvre singulière est sans doute l’une des plus insolites et stimulantes du cinéma actuel. Doté d'une intuition et d'une sensibilité rares pour associer les images et les sons, se référant autant au cinéma qu’à la photographie, à la peinture ou à la littérature, il se joue des frontières entre les genres. José Luis Guerin s’est qualifié lui-même de "cinéaste de l’esquisse" et évoque ici son parcours qu’il qualifie d’erratique. Cette "errance" dessine en réalité un parcours mental, une recherche patiente et obstinée, chaque film renouvelant son approche du monde et du cinéma, humaniste, rêveuse et poétique. Une rétrospective au Centre Pompidou, à Paris, à la fin de cette année permettra de découvrir l’ensemble de cette œuvre si captivante.
La rubrique Films analyse quatorze films dont douze ont été découverts au sein de la sélection de Javier Packer-Comyn pour le festival Cinéma du réel en mars dernier."
La toile d’Addoc est une plateforme interactive pour donner à voir le
cinéma dans sa multiplicité. Cet espace de dialogue et de réflexion est
ouvert aux cinéastes et aux amateurs.
"Vingt ans déjà. Cela fait tout juste vingt ans que Serge Daney est mort. Il n'avait que 48 ans, laissant une véritable œuvre critique, un ensemble touffu de textes sur le cinéma, la télévision, la pub, le tennis, la vie politique. Textes critiques, textes théoriques, textes de journaliste et de voyageur. Il a marqué des penseurs contemporains comme de jeunes critiques en pleine activité aujourd'hui, mais aussi des cinéastes désireux de montrer leur film à un critique "voyant". Sa pensée a été utile en son temps et à beaucoup de spectateurs. Vingt ans après sa disparition, il faut dire aussi comment et en quoi cette pensée peut servir aujourd'hui."
À l’occasion du marché international du
documentaire Sunny Side of the Doc, le CNC a réalisé pour la troisième
fois une étude sur le marché du documentaire. Cette étude dresse une
analyse approfondie de la production et de la diffusion (salles de
cinéma, télévision, vidéo, vidéo à la demande (VàD), télévision de
rattrapage et exportations) des documentaires de création, qu’ils soient
cinématographiques ou audiovisuels.